Plusieurs ophtalmologues ont écrit à Emmanuel Macron pour réclamer un moratoire sur l’utilisation des LBD. (Sipa)
le 9 mars 2019
Anne-Laure Barret
De nombreux ophtalmologues ont écrit au président Macron pour réclamer un moratoire sur l’utilisation des LBD. Une vingtaine de cas de graves traumatismes aux yeux ont été recensés.
"Monsieur le Président, une telle 'épidémie' de blessures oculaires gravissimes ne s’est jamais rencontrée."
Il y a un mois, au nom du principe de prévention, 35 ophtalmologues hospitaliers de renom, professeurs ou maîtres de conférence à l’université, ont écrit à Emmanuel Macron pour réclamer "un moratoire" dans l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD) par les forces de l’ordre.
Faute de réponse présidentielle, ils rendent aujourd’hui public ce courrier afin d’être certains que leur message d’alerte est parvenu à son destinataire. Le
JDD le publie ci-dessous.
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Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, comme l'a indiqué jeudi Laurent Nuñez, le secrétaire d'État à l'Intérieur, plus de 13 000 tirs ont été enregistrés (83 enquêtes sont en cours) et 2 200 manifestants ont été blessés.
"Notre démarche est uniquement celle de médecins, purement humaniste, avec pour seul but d'éviter d'autres mutilations", plaident les praticiens dans ce courrier.
Leur objectif, jurent-ils, se défendant d'être "militants", n'est pas de déclencher une "polémique" mais bien une réflexion sur l'usage de ces dispositifs.
Une vingtaine de personnes éborgnées
Plusieurs d'entre eux ont pris conscience des "dégâts" causés par ce qu'ils qualifient "d'armes invalidantes" en soignant des patients aux urgences.
"On a vu arriver des personnes atteintes de lésions oculaires ou faciales très graves, témoigne le professeur Bahram Bodaghi, chef du service d'ophtalmologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. La plupart donnent lieu à des séquelles irréversibles.
" Perte totale de la vision et/ou nécessité de retirer le globe oculaire figurent parmi les conséquences les plus dramatiques observées ces dernières semaines.