mardi 24 mars 2015

Tunisie: un terroriste du musée Bardo enterré en héros au « cimetière des martyrs »

Le 24/03/2015
 
 
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Yassine Laâbidi, un des deux djihadistes tunisiens tués à l’issue de l’attaque perpétrée au musée du Bardo le 18 mars 2015, a été enterré au carré des martyrs du principal cimetière de Tunis du Jellaz.
 
L’affaire a été révélée ce dimanche 22 mars 2015 lorsque un des témoins présent au cimetière lors de l’arrivée de la dépouille du terroriste a prit une photo du tableau central des cortèges funèbres.

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8e rang – « lieu de l’enterrement : le carré des martyrs »

Il a constaté alors que le nom et le prénom dudit terroriste, écrit en arabe, figure au 8e rang (selon l’ordre d’arrivée des dépouilles) avec la mention « lieu de l’enterrement : le carré des martyrs ». (voir photo)
La remise de la dépouille du terrorise à sa famille a été effectuée quatre jours après l’attaque meurtrière parce qu’il avait fallu attendre les résultats des analyses effectuées sur le corps du terroriste et s’assurer de son identité.
L’enterrement a eu lieu en présence de quelques membres de la famille et sous surveillance policière.
D’habitude, les terroristes sont inhumés dans une tombe anonyme et le nom du cimetière n’est pas divulgué.
On craint maintenant que la sépulture de ce djihadiste serve de lieu de recueillement et de pèlerinage.

Le djihadiste repose aux cotés des tombes d’hommes d’État et de personnalités tunisiennes

Le djihadiste, auteur d’un des pires massacres contre des chrétiens en Tunisie, semble profiter de la largesse du gouvernement tunisien, puisqu’il repose aux cotés des tombes d’hommes d’État et de personnalités tunisiennes de haut rang comme notamment celles liées au mouvement tunisien d’indépendance, regroupées dans le carré des martyrs.
On cite, par exemple, Moncef Bey (un souverain tunisien qui a sauvé des centaines de juifs durant la présence à Tunis des troupes de l’Axe, de novembre 1942 à mai 1943), Kheireddine Pacha (réformateur, et grand vizir de la Régence de Tunis puis de l’Empire ottoman), Ibn Arafa (un grand savant musulman du pays), Kameleddine Djaït (premier mufti après l’indépendance), Habib Thameur (homme politique et médecin) et Radhia Haddad (militante féministe tunisienne).
Ironie de l’histoire, le tueur musulman du musée du Bardo repose dans le même carré que Mahomet Charfi, un universitaire et penseur laïque tunisien qui dénonça l’extrémisme religieux et la vision de la Sharia comme œuvre divine.
 Jusqu’à la fin de sa vie, ce dernier participa à des conférences sur l’avenir de la société musulmane, le fossé entre l’Orient et l’Occident, les moyens de réconcilier le musulman avec l’histoire de sa religion, etc.
La nombre de victimes étrangères de l’attaque terroriste du Bardo s’élève à 20 touristes: trois Japonais, trois Français, un Anglais, deux Espagnols, deux Colombiens, un Russe, trois Polonais, un Belge et quatre Italiens.
Par ailleurs, le ministère tunisien de la Santé indique que la plupart des blessés ont quitté les hôpitaux, et que seulement dix étrangers restent sous observation médicale.
A l’hôpital Charles Nicolle ont été admis : deux Polonais, deux Japonais, un Belge et un Français. A l’hôpital de la Rabta : un Japonais. A l’hôpital Habib Thameur : un Sud-Africain et à l’hôpital militaire : un Russe et un Italien.
Le choix du carré des martyrs pour le djihadiste anti-chrétien et mécréants Yassine Laâbidi pourrait être une faute administrative, croient certains.
Sauf que plusieurs observateurs laïques à Tunis écartent cette  »hypothèse naïve ».
Ils avancent plutôt la nationalité des victimes qui a joué dans le choix du lieu de l’inhumation du djihadiste.
Dans l’Islam, l’enterrement est dû à tout musulman indépendamment de ce qu’il a fait.
Et il est possible que le tueur des infidèles soit considéré comme un martyr par certains de ses partisans (il n’est pas considéré comme un martyr par l’ensemble de la communauté musulmane).
 
Certains musulmans peuvent donc l’ériger au rang de héros en se basant sur le Coran, dans ses versets 89 de la 4ème Sourate et 39 de la 8ème Sourate :
4:89 : « Ils voudraient qu’à leur instar vous sombriez dans la mécréance afin que vous en soyez au même point (sawâ’) qu’eux. Ne les prenez pas pour alliés tant qu’ils n’auront pas émigré pour la cause de Dieu et s’ils se détournent, emparez-vous d’eux et tuez-les où que vous les trouviez. Et ne les prenez ni pour alliés ni pour partisans ! »
8.39. « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah. Puis, s’ils cessent (ils seront pardonnés car) Allah observe bien ce qu’ils œuvrent. »
Rappelons qu’en de telles circonstances, il est au courant dans la croyance musulmane que l’auteur de tels actes se transforme en « martyr », censé déjà séjourner dans la patrie céleste d’Allah, et entouré de jeunes femmes vierges.
 
C’est pour cette raison que les autorités tunisiennes ne se sont pas opposées au choix de la famille d’enterrer celui qui est responsable de la mort d’une dizaine de touristes occidentaux au carré des martyrs, ni à la prière classique musulmane sur la dépouille du terroriste qui a précédé l’enterrement, ni même à la « tente du deuil » qui a été installée au domicile familial par les proches du tueur.
 
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Souhail Ftouh pour Dreuz.info.

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