vendredi 27 septembre 2013

Paris étudie les modalités d’une intervention militaire en Centrafrique…

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Depuis le renversement du président Bozizé par les rebelles de la coalition Séléka, en mars dernier, la situation de la République centrafricaine (RCA) tourne au chaos.
 
 Et le pire est que l’on pouvait le pressentir…

Selon un récent rapport des Nations unies, le pays est sur le voie de devenir un Etat failli, avec une crise alimentaire, une insécurité chronique, une prolifération de groupes armés, dont certains appartiennent à la mouvance jihadiste, et des tensions pouvant rapidement dégénérer sont apparues.

Pourtant, des initiatives ont été prises pour tenter d’éviter ce qui semble maintenant inéluctable.

La Mission internationale de soutien à la RCA (MISCA), a été mise en place depuis le 1er août sous l’égide de l’Union africaine, en remplacement de la FOMAC (Force multinationale de l’Afrique centrale). Mais seulement 1.300 soldats africains (notamment fournis par le Tchad, le Cameroun et le Gabon) ont été déployés à ce jour, alors que 3.650 sont attendus.

De son côté, le nouveau président centrafricain, Michel Djotodia, a bien signé un décret visant à dissoudre la coalition Séléka et remplacé quelques responsables du nouveau régime. Ce qui n’a eu aucun effet, étant donné que les pillages et les exactions commises par les anciens rebelles n’ont jamais cessé.

Cette situation inquiète à Paris.

D’une part parce qu’elle est peut faire tâche d’huile et déstabiliser d’autres pays de la région. Et d’autre part parce que la France compte 450 militaires en Centrafrique, dans le cadre de l’opération Boali.

Au train où vont les choses, la position de contingent français n’est pas des plus confortables…

Le président Hollande a d’ailleurs indiqué, la semaine passée, lors d’un déplacement à Bamako, que la France allait probablement augmenter sa présence en Centrafrique.

En attendant, Paris entend faire adopter une résolution à l’ONU afin de renforcer le mandat du Bureau intégré des Nations unies en Centrafrique (Binuca) et d’apporter un soutien financier et logistique à la MISCA, en la faisant éventuellement passer sous bannière onusienne. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde…

Pour autant, les forces françaises devraient être également sollicitées, comme l’a sous-entendu le chef de l’Etat. Selon le quotidien Le Monde, trois options sont actuellement à l’étude.
La première consisterait de transformer l’opération Boali en force de réaction rapide, pouvant monter rapidement en puissance le cas échéant, comme elle l’a fait en décembre et en mars derniers, lors de l’offensive de la Séléka vers Bangui.
La seconde viserait à porter les effectifs français à 750 militaires afin de pouvoir apporter un appui à la MISCA.
Enfin, le troisième scénario est plus ambitieux puisqu’il s’agirait de déployer 1.200 hommes afin de mener une opération de sécurisation rapide sous mandat des Nations unies.

Ce qui veut dire qu’il faudrait que ces derniers mettent directement un terme aux agissements de la Séléka, qui compterait environ 20.000 “combattants”, dont 80% viendraient de l’étranger, selon l’Union africaine, notamment dans la capitale et les principales zones économiques du pays. Mais on n’est pas encore là.

Source photo : militaires français arrivent à l’aéroport de Bangui, le 28 décembre 2012 L’Express afp.com

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