dimanche 29 septembre 2013

Ouverture dominicale : quatorze Leroy-Merlin et Castorama défient l'interdiction.

Publié le 28.09.2013, 21h47 | Mise à jour : 29.09.2013, 06h40

ARCHIVES. Leroy Merlin et Castorama sont bien déterminés à ouvrir ce dimanche en Ile-de-France.
ARCHIVES. Leroy Merlin et Castorama sont bien déterminés à ouvrir ce dimanche en Ile-de-France. | LP
Le ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire, Benoît Hamon, a beau trouver la démarche «inadmissible», et Castorama sont bien déterminés à ouvrir ce dimanche en Ile-de-.                                        
 
Les quatorze magasins franciliens des enseignes de bricolage sont pourtant frappés d'une interdiction de travail dominical par le tribunal de commerce de Bobigny. «Nous sommes dans un Etat de droit (...) Les règles s'imposent. Elles s'imposent aux pauvres, elles s'imposent aux riches, aux faibles et aux puissants», avait également prévenu samedi la garde des Sceaux, .

Un rappel à l'ordre émis par les deux ministres que semblent vouloir ignorer les deux chaînes de magasins: «Nous maintenons pour ce dimanche l'ouverture des neuf magasins» qui ont été condamnés, a assuré un porte-parole de Leroy Merlin, quitte à «prendre le risque des astreintes». L'enseigne affirme vouloir ainsi refuser de «pénaliser nos équipes et nos clients», s'indignant qu'on puisse «fermer un magasin du jour au lendemain». Le groupe a en effet reçu «la notification de justice vendredi», a rappelé le porte-parole.

Côté Castorama, cinq des six magasins qui ont également ont reçu l'ordre de la justice de fermer «seront ouverts vraisemblablement demain», a fait savoir une porte-parole de l'enseigne. Le sixième, celui de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), était déjà fermé le dimanche.

De l'espoir jusqu'au dernier moment

Samedi soir, les deux groupes espéraient encore pouvoir ouvrir légalement: «Nous pensons obtenir d'ici ce soir les dérogations», a déclaré en fin d'après-midi la porte-parole de Castorama. Dans le cas contraire, l'enseigne «n'exclu(ai)t pas d'ouvrir». Car «beaucoup d'emplois sont en jeu», a encore précisé la responsable. Selon la Fédération des magasins de bricolage (FMB), sur les «7 000 collaborateurs franciliens volontaires» adeptes du travail le dimanche chez Castorama et Leroy Merlin, «1 200 personnes sont concernées par la fermeture».

Castorama réalise 25% de ses recettes le dimanche mais l'ouverture illégale lui ferait prendre de gros risques. Le jugement du tribunal, contre lequel les deux enseignes envisagent d' interjeter appel, est assorti d'une astreinte de 120 000 euros par magasin et par jour. Un jugement que ne comprennent pas les employés, en ces temps où le gouvernement dit vouloir relancer la consommation et l'emploi.

Une législation complexe
Les enseignes espèrent également profiter d'une législation complexe qu'elles souhaiteraient voir clarifier par les pouvoirs publics: toutes deux soutiennent qu'une partie des points de vente incriminés - dont certains sont ouverts le dimanche depuis plus de 20 ans - sont dans la légalité, et que des demandes de dérogations sont en instance pour les autres. Tout comme leur concurrent Bricorama, à l'origine de la condamnation, elles réclament d'être logées à la même enseigne que les magasins de jardinage ou d'ameublement pour ouvrir le dimanche. En juillet, la justice avait été saisie par Bricorama, qui s'estimait lésé par rapport à ses concurrents après avoir été condamné à fermer le dimanche, à l'initiative du syndicat Force Ouvrière (FO).

Quand la politique s'en mêle...
 
Le sort des salariés de ces enseignes est désormais entré dans le débat politique. Selon Jean-Marc Cicuto, délégué syndical central CFTC chez Leroy Merlin, «95% des salariés Leroy Merlin de la région parisienne sont pour le travail du dimanche». Pour sa part, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot et Philippe Poutou s'est élevé contre «la campagne médiatique lancée pour soutenir l'offensive patronale contre le code du travail», s'en prenant notamment à la Une du «Parisien - Aujourd'hui en France» de ce samedi, «Interdits de travail», au sujet des employés de Castorama, Leroy Merlin et de Sephora - condamné à fermer à 21 heures sur les Champs-Elysées.

Dans un communiqué, le parti d'extrême gauche accuse ces grandes enseignes «qui réalisent de juteux profits sur le dos des salariés», de «se poser en défenseurs des intérêts de ceux qui voudraient travailler la nuit et le dimanche». Il réclame qu'il n'y ait «pas de salaire inférieur à 1 700 euros net par mois (...) On verrait alors qu'il n'y aurait pas grand-monde comme candidat au travail de nuit ou du dimanche!».

Le gouvernement a indiqué à plusieurs reprises qu'il n'avait pas l'intention de modifier le code du travail qui respecte le repos dominical.

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