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mardi 7 mai 2024

« Logement social vers encore moins de mixité grâce à Kasbarian qui va virer ceux qui gagnent « trop » ». L’édito de Charles SANNAT

 

par | 7 Mai 2024 |

 

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Mon titre est volontairement un poil provocateur.

En effet le ministre actuel du logement Guillaume Kasbarian explique que certains logements sociaux sont occupés par des personnes qui n’ont rien à y faire. Pour lui « le logement social à vie n’existe pas » et il veut désengorger la liste des deux millions de demandeurs qui sont en attente d’un logement au loyer modéré.

« Guillaume Kasbaria souhaite que les critères d’attribution ne tiennent pas seulement compte des revenus du foyer mais également du patrimoine. Le ministre a ainsi pris l’exemple de locataires qui disposent d’une maison de campagne ou d’un bien de famille. « C’est une mesure de bonne gestion, dans la mesure où deux tiers des Français sont éligibles au logement social » , assure le membre du gouvernement.

Le plafond des revenus éligibles pour obtenir un logement dans le parc social devrait rester le même. Mais ceux dont les revenus et le patrimoine dépassent un certain plafond pourraient voir leur bail résilié. Autre mesure, les surloyers pourraient se déclencher à partir du moment où le locataire dépasse le plafond de revenu et plus au-delà 20 % de ce plafond, comme c’est le cas actuellement, précise BFMTV . Après deux ans au-dessus du plafond, le bail pourra être résilié. Actuellement, 8 % des locataires de logements sociaux sont au-dessus des plafonds. En appliquant cette mesure, ce serait 400 000 logements qui seraient libérés. »


Virer ceux qui gagnent un peu plus c’est évidemment réduire la… mixité !

Et c’est là où justement je voulais en venir.

Dans notre pays nous bêlons sans cesse à l’égââââlitééé et la mixitééééé dont je considère toutes deux comme des âneries dans leur acceptation actuelle, mais c’est un autre débat.

Je voulais pointer du doigt le paradoxe politique et technique de la décision.

Vous ne pouvez pas virer les locataires qui gagnent un peu plus pour faire de la place à ceux qui sont le plus en difficulté et vouloir en même temps de la mixité.

Vous ne pourrez pas faire les deux.

Mon point de vue personnel, est qu’effectivement ceux qui gagnent le plus n’ont rien à faire dans les logements sociaux.

Cela implique que les logements sociaux vont concentrer les misères comme ils le font déjà en grande partie.

Cela veut donc dire que nous allons renforcer la « ghettoïsation » de ces « quartiers populaires » comme il faut le dire en novlangue politiquement correcte.


Pour autant, ce n’est pas parce que l’on est pauvre ou modeste que l’on doit mal se tenir!

samedi 19 août 2023

Pap Ndiaye ambassadeur : ça passe mal chez les diplomates. Ah bon ?


 
 

« Ils n'ont pas honte », titre Marianne, reprenant les propos d'un diplomate français, que l'on devine quelque peu agacé, qui réagissait à la nomination de Pap Ndiaye comme ambassadeur de France au Conseil de l'Europe.

 Évidemment qu'ils n'ont pas honte, les politiciens macronistes, et leur chef moins que les autres. Cette nomination éminemment politique, appuyée sur le recasage et le copinage bien plus que sur la compétence, ne surprendra que les naïfs. 

Dès l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron avait mis en extinction, par décret, les grands corps des conseillers des affaires étrangères et des ministres plénipotentiaires, laissant à l'entière discrétion du pouvoir politique la nomination des ambassadeurs. Il rompait en cela avec la tradition française, qui formait des élites diplomatiques que le monde entier, pour une fois, nous enviait. La France possède le deuxième réseau d'ambassades du monde : il faut bien que tout le monde puisse en profiter.

Avec un humour teinté d'amertume, le diplomate interrogé par Marianne ajoute qu' « il faut bien payer l'École Alsacienne (école privée parisienne où sont scolarisés les enfants de l'ancien ministre, NDLR) ». Est-ce l'une des raisons de cette nomination, avec le fait de pouvoir, selon la même source, « rester à Paris » en occupant ce poste ? Allez savoir... Pap Ndiaye et son entourage arguent de la compétence de l'ancien ministre en matière de lutte contre le racisme et de connaissance de l'histoire sociale de l'Amérique. Cela n'a rien de rassurant, mais c'est au moins intéressant de voir que ces combats sont censés faire partie de la fiche de poste d'un ambassadeur au Conseil de l'Europe. « Résignation et lassitude » sont donc palpables du côté des diplomates, qui savent bien que leur formation exigeante et les années qu'ils ont passées à l'étranger pour se former aux subtilités de leur métier ne valent pas grand-chose s'il y a un copain à recaser dans le coin.

Plus encore, tout se passe comme si Emmanuel Macron ne voulait pas seulement, comme n'importe quel chef pensant que tout est permis, donner des prébendes à ses amis sans se soucier de leur adéquation au poste. On a le sentiment qu'il y a chez lui une volonté d'humilier les grands serviteurs de l'État. Il a commencé avec les armées, en provoquant le départ du général de Villiers. Il a poursuivi avec l'ENA, dont il sort, et dont il a souhaité la transformation en INSP pour donner des gages, pensait-il, aux gilets jaunes, qu'il prenait, avec la myopie de sa caste, pour des sans-culottes envieux des élites. Et puis vint le tour des diplomates, dont la nomination de Pap Ndiaye n'est qu'une des modalités symboliques - une anecdote, presque.