Il faut rendre justice à Luc Le Vaillant, de Libération,
il a l’avantage de la franchise.
Sauf qu’il s’est bien gardé de se
dévoiler avant : pour un journaliste, connaître les ficelles d’une
entourloupe mais les garder par-devers soi pour raisons militantes
est-il bien déontologique ?
L’article, dans la rubrique Idées et Débats, affiche la couleur dès le titre : « Après la PMA, que vienne la GPA ! » Publié le 29 juin à 2 h 23, à peine quelques heures après l’adoption du projet de loi (ni)bio(ni)éthique.
Il piaffe, il s’impatiente. Bien sûr, dit-il, « [il sait] parfois déguiser [ses] pensées afin d’aboutir à un gain intermédiaire. [Il a] lu Machiavel et [il reconnaît] qu’il est bon souvent de taire la fin dernière. [Il conçoit] qu’il
faut parfois y aller pas à pas […] en rusé goupil qui camoufle ses
frustrations de chasseur caché dans l’ombre, sans perdre la proie de
vue. Mais à présent, [il ne voit] pas pourquoi [il mettrait] encore [son] mouchoir à carreaux de paysan prudent sur [ses] convictions de longue date. Cette fois, [il nous le dit] sans [s’encombrer] de
considérations tactiques : après la PMA doit venir la GPA. Ceci afin
que le désir d’enfant puisse être universellement satisfait. »
Jamais ! qu’ils disaient. Les promoteurs de la PMA juraient leurs
grands dieux que jamais la GPA ne suivrait. Ils ont raison, elle ne suit
pas. Puisqu’elle est déjà là.
Nous le savions, c’était écrit. Le progressisme en marche, avec ses
accents lénifiants, nous entraîne vers ses sommets – ou ses abîmes – et
nous fait gravir les marches une à une, nous laissant reprendre notre
souffle sur chacune d’elles, le temps de nous habituer à l’altitude, de
nous rassurer, de nous faire croire que nous sommes arrivés, que nous
pouvons nous asseoir, là, bien tranquilles, et nous reposer, dormir sur
nos deux oreilles… jusqu’à la prochaine fois. Le PACS, le mariage entre
personnes de même sexe, la PMA, la GPA… Et ensuite ?
Mais la GPA n’est pas le seul prochain objectif. Il y en a un autre,
déjà affiché et revendiqué, qui passera comme une lettre à la poste,
puisqu’il n’y aura même pas besoin d’une loi : la PMA pour les
transsexuels.