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Avec des jours d’absence dans la fonction
publique passés, en dix ans, de 43 à 77 millions, soit une augmentation
de près de 80 %, le gouvernement a trouvé une nouvelle source de
réduction des dépenses qui ne fera pas que des heureux.
Il envisage,
ainsi, d'aligner les jours de carence sur ceux du privé (trois) et de
plafonner à 90 % la rémunération, les trois premiers mois, d’un congé
maladie ordinaire, contre 100 % à l’heure actuelle.
Mais ça, c'est pour les joueurs à la petite semaine, car le vrai
jackpot du fonctionnaire, c'est le congé pour invalidité temporaire
imputable au service, le CITIS, dont on trouve le mode d'emploi sur un site officiel.
Rien de choquant quand on s'est cassé la jambe dans les escaliers de
la mairie, mais il se trouve que parfois, l'imputabilité au service est
interprétée de façon très extensive : Ma cheffe m'a demandé mes tableaux
Excel, elle a élevé le ton, je suis tombée de ma chaise."
Le Citis n'a pas de durée maximale
Une quinzaine de jours d'arrêt seront bien nécessaires pour se
remettre d'un tel choc psychologique, voire plus puisque "Le Citis n'a
pas de durée maximale. Il est prolongé jusqu'à ce que vous soyez en état
de reprendre votre service ou jusqu'à votre mise à la retraite pour
invalidité." (On voit loin !)
De plus en Citis, "vous conservez l'intégralité de votre traitement
indiciaire" et il est "sans effet sur vos droits à avancement (d'échelon
et de grade) et à promotion interne. Il est également sans effet sur
votre retraite", ni sur douze types de congés dont on vous épargnera la
liste…
Heureusement le législateur a tout prévu : "Votre administration
employeur peut vous soumettre à une expertise médicale par un médecin
agréé pour vérifier le lien entre l'accident et le service."