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samedi 11 juin 2022

La Macronie peut-elle vaciller ?


mélenchon

Confortée par la confortable réélection (grâce notamment aux castors de la gauche « barragiste » et aux épiciers de la droite bourgeoise) de son champion, la Macronie avait retrouvé toute la morgue condescendante qui a caractérisé ses cinq premières années de règne. 

Elle assumait crânement les mensonges éhontés de son ministre de l’Intérieur quant aux razzias du Stade de France et applaudissait à tout rompre Elisabeth Borne invitant une handicapée à aller bosser plutôt que se plaindre. 

Par là, les petits minets de la start-up nation et les vieilles haridelles libérales ont peut-être péché par excès de confiance et plusieurs éléments semblent commencer à assombrir le ciel jupitérien dans l’optique des élections législatives dont le premier tour se déroule ce dimanche 12 juin. Pour divers observateurs, la large majorité prévue pourrait ne pas être au rendez-vous et l’ombre mélenchoniste se fait de plus en plus inquiétante. En effet, les candidats de l’alliance des gauches ont réalisé une indéniable percée lors du vote des Français de l’étranger et, même si la sociologie de cet électorat est trop particulière pour en tirer des conclusions générales, cela constitue néanmoins un indice qu’il serait inconséquent de négliger.

Par ailleurs, la surexposition médiatique du chef des « insoumis » l’a incontestablement installé dans le rôle de « premier opposant » (bien qu’il ne soit arrivé que troisième de l’élection présidentielle) à Emmanuel Macron et comme possible Premier ministre, créant ainsi une véritable dynamique « à la gauche de la gauche » que l’on peine à discerner ailleurs et notamment dans le camp national qui paraît, hélas, être sorti de l’équation.

samedi 24 juillet 2021

Remontée de bretelles pour un député abstentionniste

 


Le jour des comptes arrive, certains devraient commencer l'entrainement pour la course à pied

Attention, les fourches à fumier, ça pique 



Député ukrainien raccompagné manu-militari par des électeurs mécontents

mardi 29 juin 2021

Le grand silence électoral

 

 
 

Il y eut des rois sans tête, nous voici avec une démocratie sans électeurs. 

L’abstentionnisme massif au dernier scrutin régional constitue un désastre, le signe d’un peuple ouvertement en grève contre ses représentants politiques de tout bord, et insoumise inclus. Pourtant, cette situation ne semble guère perturber outre mesure nos dirigeants. Après quelques propos convenus, petits larmoiements de circonstance, les vainqueurs se mirent immédiatement à claironner gaiement et les vaincus à inventer toutes sortes d’excuses pour justifier de leurs déboires. Les chiffres se font néanmoins aussi éloquents que cruels. En Île-de-France, au second tour, Valérie Pécresse arrive à 14,87 % des inscrits, soit 85,13 % contre elle, sans même compter les bulletins blancs ou nuls. Xavier Bertrand atteint 16,76 %, soit 83,24 % contre lui, Laurent Wauquiez 17,78 %, soit 82,22 % contre lui, et ils constituent cependant parmi les mieux élus. La palme du plus mauvais revient à la . Loïg Chenais-Girard s’impose en Bretagne avec 10,49 %, soit 89,51 % contre lui. Il récolte un maigre 3/20, véritable score de cancre.

Ceux qui ont perdu obtiennent encore pire. Pour le gouvernement, la déconvenue se présente comme générale. a été mis en déroute dès le premier tour de scrutin. Un total de 2,91 % des inscrits le renvoya sèchement aux Sceaux dont il assure la garde. Marlène Schiappa, sur le département de Paris, réalise 3,77 % au second tour. Promouvoir l’ du lissage brésilien trouve ses limites. Elle eut beau aussi pousser la vocalise, à la manière des kermesses agricoles, rien n’y fit.

Quelles conséquences, alors, tirer de ce naufrage du système politique français ?

lundi 28 juin 2021

Abstention aux régionales : malaise dans la démocratie


Au deuxième tour des régionales, l'abstention a confirmé hier sa signfication politique, celle d'un malaise dans la démocratie. 
 
Massivement, les Français ont refusé de voter (plus de 65% des inscrits, semble-t-il), pour le deuxième dimanche de suite. Les prétextes à ce désintérêt pour la démocratie sont nombreux et variés. Collectivement, ils montrent combien est large le fossé entre les Français et leurs institutions dont la légitimité est désormais très contestable. Cette alerte démocratique ne semble guère prise au sérieux par la caste au pouvoir. Elle rend pourtant possible tous les débordements et préfigure peut-être une ère de chaos. 
 

Malaise dans la démocratie : une semaine après un premier cataclysme électoral, le deuxième tour des régionales a confirmé le verdict d’une sécession populaire. Les Français ont envoyé un signal très inquiétant quant à leur adhésion à leurs institutions démocratiques hier. En toute connaissance de cause, ils ont dit leur désintérêt et leur désamour pour le vote.

L’abstention annonce-t-elle le pire pour la rentrée ?

Cette vague de « reflux » démocratique met en lumière la distance grandissante que les Français prennent avec les institutions de la République. Beaucoup d’analystes y voient la manifestation d’une torpeur ou d’un désintérêt pour la chose publique. Nous penchons plutôt pour une prise de distance vis-à-vis de la caste qui détient le pouvoir, dont les Français contestent de façon grandissante la légitimité. 

mercredi 23 juin 2021

Régionales 2021, le RN pasteurisé en recul


 

par 21 juin 2021 

Abstention massive pour ce premier tour des Régionales 2021, hier dimanche 20 juin

Et un Rassemblement National en perte de vitesse. Comme quoi, la « pasteurisation » du discours politique et la stratégie de dédiabolisation voulues par Marine Le Pen ont eu l’effet inverse de celui escompté : cela a entraîné la fuite de l’électorat.

Le RN est en recul quasiment partout en France malgré un contexte d’invasion migratoire, d’insécurité et de crise économique qui aurait dû mobiliser les électeurs. Selon un sondage IFOP, 71% des électeurs au premier tour de Marine Le Pen en 2017 se sont abstenus. Mais ce désengagement des Français à l’égard du RN ns peut s’expliquer uniquement par l’abstention.

La perte d’un nombre considérable de conseillers régionaux ces dernières années laisse des traces : sur les 257 conseillers régionaux RN élus en 2015, 101 ont claqué la porte avant le scrutin de ce week-end, de même qu’un tiers des conseillers municipaux lepénistes élus en 2014 avait déjà démissionné en 2017. Autant de relais perdus auprès des électeurs. 

La « normalisation » du discours politique, pour le rendre surtout compatible avec l’électorat de Fillon et des Républicains, a lui-aussi produit un effet de rejet chez l’électorat traditionnel de l’ancien Front National.

Ni Mariani, issu de la « droite molle », ni Kotarac, transfuge de la France Insoumise, ni Sébastien Chenu, ex-UMP et inverti, n’ont rassemblé. Ainsi dans les Hauts-de-France, ce dernier encaisse seize points de moins que Marine Le Pen en 2015. En 2015 dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, Christophe Boudot, un proche de Bruno Gollnisch, élu FN depuis 1995, enregistrait 22,55 % des voix. Dimanche, le RN soutenait un ‘Parti localiste’ créé de toutes pièces pour dire que le RN n’est pas isolé, avec Andréa Kotarac. Le score tombe à 12,33 %. Thierry Mariani est certes en tête (35,5 %) de la région PACA, mais loin derrière le score que lui avaient promis les sondages (41%), et loin derrière le niveau de Marion Maréchal au premier tour de 2015 (40,55 %). En Occitanie, même constat : en 2015, Louis Aliot, militant au FN depuis 1990, rassemblait 31,83%. Dimanche, Jean-Pierre Garraud, ancien juge, venu de la droite, censé notabiliser le vote RN,  a eu moins de 23%. En Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul est devancé par la sortante PS Marie-Guite Dufay qui récolte 26,2 %. Dans le Grand Est, avec 21,12% des voix, Laurent Jacobelli arrive en 2ème position à plus de 10 points derrière l’actuel président de région, le candidat LR Jean Rottner. 

Comme l’analyse fort justement un ancien député européen du Front National, le politologue Jean-Yves Le Gallou, « la pasteurisation du RN s’avère un désastre : en contexte d’abstention seuls les discours forts sont audibles » :

mardi 22 juin 2021

Élections régionales : une nouvelle claque pour Macron


 

Philippe Kerlouan

Le premier tour des élections régionales s’est illustré par un taux record d’abstention (68 %). 

Il explique, sans doute, le succès de la plupart des candidats sortants, notamment de Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, et le score moyen du Rassemblement national, bien qu’il arrive souvent en second.

Ce qu’il faut retenir surtout, c’est la défaite cuisante du parti majoritaire, qui plafonne aux environs de 10 %. Après la gifle reçue dans la Drome, c’est une claque électorale pour Emmanuel Macron.

Le chef de l’État, sans espérer une victoire, ne s’attendait pas à une telle raclée. Avec son courage habituel, il avait pris les devants pour dégager sa responsabilité, dans l’hypothèse d’une défaite : « Je ne tirerai aucune conclusion nationale de ces élections qui sont locales ». Ses lieutenants, sur les plateaux de télévision, ont tous tenu le même langage, mettant l’accent sur le taux d’abstention pour minimiser la faiblesse des résultats de la majorité, se gardant d’évoquer le rejet de la politique de leur patron.

Ce premier tour remet les pendules à l’heure et contraint les différents partis à réviser leur stratégie. La droite se réjouit de son succès en Auvergne-Rhône-Alpes, dans les Hauts de France et, dans une moindre mesure, en Île-de-France. Mais elle est loin d’avoir retrouvé son unité et s’écharpera derechef, quand il s’agira de choisir son candidat à l’élection présidentielle. D’après les résultats du scrutin de dimanche, c’est Laurent Wauquiez qui représenterait le mieux les vraies valeurs de la droite, mais il est probable qu’on lui préférera le peu fiable Xavier Bertrand.

Il est patent que beaucoup des électeurs du Rassemblement national ne se sont pas déplacés.

On ne force pas à boire un âne qui n’a pas soif


 

 
Dimanche, des panneaux, bien souvent vierges de toute affiche, encombraient inutilement le devant des écoles.

La démocratie à grandes virées en camionnette sentant bon la colle fraîche et remplie de centaines d’affiches à coller vite, vite, avant que l’équipe du concurrent n’arrive pour les recouvrir a vécu. 
 
La démocratie des salles polyvalentes où les grandes envolées lyriques étaient gâchées par une sono sifflante ou grésillante aussi.

La démocratie du bulletin glissé dans l’enveloppe dans l’ombre de l’isoloir est sans doute morte avec. Car toutes ces cérémonies étaient liées. On y interagissait en vrai, in vivo, physiquement, émotionnellement. On attendait avec impatience les résultats. C’était comme un roman. Notre roman national.

On votait en famille, puis à la soirée électorale, on faisait sauter le bouchon du champagne, quel que fût le résultat.

Le Covid est passé par là. Les réunions sont rares. L’intérêt pour le film a baissé. Il s’est mué, pour beaucoup, en chanson désabusée : On a choisi Fillon, on n’a pas eu Fillon. On voulait Sarkozy et on a eu Flamby. On tenterait bien Le Pen, mais c’est toujours Satan. On parierait sur Zemmour, mais que dit la chanson ? Si tu veux voir Zemmour, ben, tu verras Macron.

Un grand quart des électeurs, pourtant, est allé voter, masqué, civique, obéissant… Il n’a évidemment pas choisi l’aventure.

lundi 21 juin 2021

Effondrement de la participation, quand les élections n’ont plus aucun intérêt !



 par | 21 Juin 2021 |

Lorsque l’immense majorité des Français ne va plus voter, ce n’est pas pour rien.

C’est parce qu’il n’y a plus grand intérêt au cirque électoral que l’on nous impose avec des choix blanc bonnet ou bonnet blanc.

Quoi que vous votiez, globalement, vous avez la même politique européiste où notre pays se tire une balle dans le pied et où nos politiques organisent leur propre impuissance.

Quel intérêt y-a-t-il à voter pour des impuissants qui n’ont plus de prise sur le réel ? Sur les problèmes ? Qui n’ont plus les leviers d’actions de la souveraineté ?

Aucun sens, si ce n’est celui de donner l’onction du suffrage universel, et qui du coup donne le droit à ceux qui en bénéficient de mener la politique qu’ils souhaitent sans en réalité aucune légitimité.

Cela ne se voyait pas trop jusqu’à présent et nous étions sur l’inertie de notre démocratie.

Mais, et c’est au moins une hypocrisie que l’élection de Macron aura levé. Nous voyons tous, aujourd’hui, qu’un président dirige ce pays sans légitimité, sans base électorale, et sans représentativité réelle.

C’est ce déficit démocratique fondamental qui explique l’échec majeur de Macron, un échec dont il ne faut pas se réjouir, car c’est nous la population qui en souffrons, pas lui dans son palais et je ne suis pas inquiet pour le reste de sa carrière, mais nettement plus pour celle de mes concitoyens.

Charles SANNAT

lundi 29 juin 2020

Municipales : le fiasco Macron continue, la recomposition aussi




D’abord, ces élections Covid-19 ont battu tous les records d’abstention de l’histoire électorale 

Ces de 2020 resteront dans l’histoire politique française contemporaine.

Comme un trou d’air démocratique, un point bas.
Historiques, elles le sont pour trois raisons.
française pour ce type de scrutin municipal, d’ordinaire très mobilisateur.
L’abstention atteignait 56 % au premier tour.
Le second tour n’a fait qu’aggraver la désaffection démocratique.
À midi, la participation n’était que de 15 %, ce dimanche, déjà en retrait de 3 points par rapport au 15 mars dernier.
Et la tendance n’a fait que se confirmer durant la journée : seuls 40 % des Français ont voté.
Nouveau fiasco démocratique.
Ce fiasco était prévisible : la responsabilité de l’exécutif est grande.
La faute au Covid-19.
Mais pas que : alliances étonnantes (Lyon, Montpellier, etc.), absence d’opposition mobilisatrice au niveau national, calculs de l’exécutif, drôle de campagne, comme on disait « drôle de guerre ».
Cette épidémie a révélé la grande docilité des Français pendant le confinement, et leur peur de se rendre aux urnes ensuite.
Des cyniques et des calculateurs pourraient s’en réjouir et trouver dans ce fiasco des motifs d’espérer : finalement, une démocratie au rabais, avec une participation très minoritaire et des leaders élus par un tout petit nombre, n’est-ce pas l’idéal ?

mardi 14 mai 2019

Les Français ont-ils déjà baissé les bras ?

 
 


À en croire les sondages, et à quinze jours des élections européennes, la popularité de Macron serait encore en baisse, à 34 % d’opinions favorables.

La confiance dans sa politique pour redresser le pays ne recueillerait que 28 % des suffrages des Français.

Et deux électeurs sur trois penseraient qu’il n’a rien compris à la grave crise politique que traverse notre pays depuis plusieurs mois.
Par ailleurs, face à ces chiffres qui pourraient laisser à penser que la Macronie vit ses derniers jours, nos concitoyens, à raison d’un Français sur deux, et en dépit des campagnes de désinformation qui sévissent à un rythme soutenu ces derniers mois, soutiendraient toujours, quant à eux, le mouvement des gilets jaunes.
Ces constats devraient donc tout avoir pour séduire et encourager les opposants à Macron et à sa politique.
Pourtant, dans les faits, ils sont extrêmement difficiles à vérifier, voire même à croire.
Engagés dans la campagne électorale, nombreux sont les militants de divers partis politiques à faire la même analyse : les Français restent, dans leur immense majorité, résignés et paraissent peu enclins à vouloir se rendre aux urnes, le dimanche 26 mai.
Ainsi, le record d’abstention observé lors des européennes de 2014, qui s’était élevé à 59,37 % en 2009, devrait être battu.
Dès lors, une telle attitude ne vient-elle pas démentir les résultats des enquêtes sur l’état d’esprit des Français ?
Les Français, que les médias se plaisent à montrer excédés par les impôts, les taxes et les injustices sociales qui s’amplifient et s’aggravent, et inquiets de l’immigration incontrôlée qui sévit dans notre pays, seraient-ils tout à coup prêts à céder, et découragés face à l’avenir ?
C’est, malheureusement, ce que semble parfois révéler le contact direct sur le terrain avec nos compatriotes.