Confortée par la confortable réélection (grâce notamment aux castors de la gauche « barragiste » et aux épiciers de la droite bourgeoise) de son champion, la Macronie avait retrouvé toute la morgue condescendante qui a caractérisé ses cinq premières années de règne.
Elle assumait crânement les mensonges éhontés de son ministre de l’Intérieur quant aux razzias du Stade de France et applaudissait à tout rompre Elisabeth Borne invitant une handicapée à aller bosser plutôt que se plaindre.
Par là, les petits minets de la start-up nation et les vieilles haridelles libérales ont peut-être péché par excès de confiance et plusieurs éléments semblent commencer à assombrir le ciel jupitérien dans l’optique des élections législatives dont le premier tour se déroule ce dimanche 12 juin. Pour divers observateurs, la large majorité prévue pourrait ne pas être au rendez-vous et l’ombre mélenchoniste se fait de plus en plus inquiétante. En effet, les candidats de l’alliance des gauches ont réalisé une indéniable percée lors du vote des Français de l’étranger et, même si la sociologie de cet électorat est trop particulière pour en tirer des conclusions générales, cela constitue néanmoins un indice qu’il serait inconséquent de négliger.
Par ailleurs, la surexposition médiatique du chef des « insoumis » l’a incontestablement installé dans le rôle de « premier opposant » (bien qu’il ne soit arrivé que troisième de l’élection présidentielle) à Emmanuel Macron et comme possible Premier ministre, créant ainsi une véritable dynamique « à la gauche de la gauche » que l’on peine à discerner ailleurs et notamment dans le camp national qui paraît, hélas, être sorti de l’équation.





