Cet article vient en complément de celui paru sur Boulevard Voltaire posté ci dessous
La première «tribune des militaires» avait fait des remous, la
seconde vient d’être dévoilée. Elle est cette fois signée de soldats en
service, mais qui ont gardé leur anonymat.
Publié sur le blog Place d’Armes,
qui précise que «quelques termes peuvent encore évoluer, mais le fond
est là», le nouveau texte s’adresse au «président de la République», aux
«ministres», aux «parlementaires» et aux «officiers généraux». Il
dénonce le traitement qu’ils ont reservé aux «vieux soldats» ayant signé
la précédente tribune, contre qui des sanctions ont
été réclamées et promises par le ministère des Armées. Leur honneur a
été «piétiné», estiment les signataires. «Ces gens qui ont lutté contre
tous les ennemis de la France, vous les avez traités de factieux alors
que leur seul tort est d’aimer leur pays et de pleurer sa visible
déchéance», affirment-ils.
Se présentant comme «récemment entrés dans la carrière», «hommes et
femmes», «de tous les grades, de toutes le sensibilités», ils disent
avoir presque tous connu l’opération Sentinelle et avoir vu «de nos
yeux les banlieues abandonnées, les accommodements avec la délinquance».
Ils pointent également les «tentatives d’instrumentalisation de
plusieurs communautés religieuses, pour qui la France ne signifie rien
-rien qu’un objet de sarcasmes, de mépris voire de haine».
«NOUS VOYONS LA HAINE DE LA FRANCE ET DE SON HISTOIRE DEVENIR LA NORME»«Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa
totalité. Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous
voyons le communautarisme s’installer dans l’espace public, dans le
débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire
devenir la norme», écrivent ces militaires actuellement en
service. Ils précisent : «nous sommes apolitiques dans nos appréciations
de situation, c’est un constat professionnel que nous livrons».
Ils mettent à leur tour en garde contre la «déchéance» du pays, qui
«précède l’effondrement». Le chaos et la violence ne viendront pas du
corps militaire, précisent-ils, mais d’une «insurrection civile».
«LA GUERRE CIVILE COUVE EN FRANCE ET VOUS LE SAVEZ PARFAITEMENT»Très vindicatifs contre ceux qui s’en sont pris aux signataires de la
première tribune, dont leur hiérarchie, ils les accusent de «lâcheté,
fourberie, perversion», en ne faisant pas confiance à l’institution
militaire. «Oui, si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra
l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera. C’est même la
définition de la guerre civile. Personne ne peut vouloir une situation
aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la
guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement», estiment
les signataires.
Se référant aux «résistants de 1940» ou aux «poilus de 14», ils
dénoncent ceux qui abandonnent «sans réagir, des quartiers entiers de
notre pays à la loi du plus fort». Ils terminent en demandant d’agir :
«il ne s’agit pas, cette fois, d’émotion sur commande, de formules
toutes faites ou de médiatisation. Il ne s’agit pas de prolonger vos
mandats ou d’en conquérir d’autres. Il s’agit de la survie de notre
pays, de votre pays».
CNews
La Tribune complète Monsieur le Président de la République,
Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, officiers généraux, en vos grades et qualités,
On ne chante plus le septième couplet de la Marseillaise, dit
“couplet des enfants”. Il est pourtant riche d’enseignements.
Laissons-lui le soin de nous les prodiguer :
“Nous entrerons dans la carrière
quand nos aînés n’y seront plus. Nous y trouverons leur poussière, et la
trace de leurs vertus. Bien moins jaloux de leur survivre que de
partager leur cercueil, nous aurons le sublime orgueil de les venger ou
de les suivre”
Nos aînés, ce sont des combattants qui ont mérité qu’on les
respecte. Ce sont par exemple les vieux soldats dont vous avez piétiné
l’honneur ces dernières semaines. Ce sont ces milliers de serviteurs de
la France, signataires d’une tribune de simple bon sens, des soldats qui
ont donné leurs plus belles années pour défendre notre liberté,
obéissant à vos ordres, pour faire vos guerres ou mettre en œuvre vos
restrictions budgétaires, que vous avez salis alors que le peuple de
France les soutenait.
Ces gens qui ont lutté contre tous les ennemis de la
France, vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est
d’aimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance.
Dans ces conditions, c’est à nous, qui sommes récemment entrés
dans la carrière, d’entrer dans l’arène pour avoir simplement l’honneur
d’y dire la vérité.