
La semaine dernière, les réserves d'eau agricoles de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, ont été vandalisées par un collectif composé de l’extrême gauche et d’écologistes radicaux.
Ce combat contre les réserves de substitution ici, là contre les barrages ou les retenues collinaires, emmené par des ONG comme Greenpeace ou autres lobbies altermondialistes, s’attaque aussi à l’élevage, à la consommation de viande et à ce qu’ils nomment « l’agriculture agro-industrielle ».
Pour que le combat paraisse juste, il convient de trouver un nom qui fasse peur pour désigner l’ennemi : dans le cas des réserves d’eau de substitution de Vendée, de Charente ou des Deux-Sèvres, ce sera les « méga-bassines » !
Ensuite, il faut culpabiliser le peuple afin qu’il prenne position. Ainsi peut-on lire, sur le site de Greenpeace, que « 71 % des terres agricoles de l’Union européenne sont destinés à nourrir du bétail au lieu de nourrir les hommes »… L’existence de ces « méga-bassines » serait donc directement liée à notre consommation de viande : « Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa ! » Une nouvelle Inquisition est à l’œuvre !
Globalement, la France ne manque pas d’eau
Greenpeace, dans ses démonstrations, omet juste d’expliquer que ces 71 % destinés « à la nourriture des animaux » ne sont pas concernés par les besoins d’irrigation. En effet, la moitié de ces surfaces sont des pâturages dont une grande partie ne serait, de toute façon, pas cultivable, notamment dans les zones arides et dans les zones de montagne. Que dans la moitié qui reste, seule une petite partie fait appel à l’irrigation. En France, par exemple, seuls 8 % des cultures sont irriguées.
Greenpeace omet aussi d’expliquer que la France ne manque pas d’eau. En effet, la France reçoit, chaque année, 200 milliards de m3 d’eau : 80 milliards ruissellent vers la mer par les rivières et les fleuves, 120 milliards s’infiltrent dans les sols pour rejoindre les nappes phréatiques ou s’évaporent grâce à la végétalisation vers les nuages pour former de nouvelles pluies.
Or, l’usage de l’eau pour l’irrigation, aujourd’hui, en France, reste très marginal puisqu’elle n’utilise que 4,7 milliards de m3/an, soit 2,35 % de l’eau que l’on reçoit !
L’eau est à l’agriculture ce que la monnaie est à l’économie
Sans eau, il n’y a pas d’agriculture possible. L’irrigation fait
partie de l’histoire de l’agriculture. La Mésopotamie était autrefois le
grenier du monde grâce à l’irrigation et au génie des hommes. En
Israël, grâce à l’irrigation, on cultive dans le désert. C’est là-bas
qu’on a inventé le goutte-à-goutte.
Il faut laisser les agriculteurs, avec les pouvoirs publics, construire
des retenues d’eau pour capter l’eau de pluie l’hiver et l’utiliser
l’été. Ici, ce sera un barrage, là, une retenue collinaire, là, encore,
une nappe de proximité… La solution est choisie en fonction de la
géologie, des reliefs et de l’hydrogéologie. En Vendée, dans les
Deux-Sèvres et en Charente, la solution préconisée est celle des
réserves de substitution. De grands bassins artificiels que l’on
alimente en période de précipitations, lorsque les nappes regorgent
d’eau, pour utiliser l’eau en été, pour irriguer les cultures. Cette
zone géologique que l’on nomme « le seuil du Poitou » a des
caractéristiques géologiques propres qui ne permettent pas un stockage
dans les nappes de proximités car le calcaire est très présent et avec
lui le réseau karstique.
Ainsi cette solution a-t-elle été imaginée par les collectivités locales, les agriculteurs avec la coopération du BRGM[1] dont la réputation n’est plus à faire. Elle permet le maintien des zones humides et la protection de la biodiversité. Elle évite de pomper l’eau dans les cours d’eau ou dans le marais en été. Contrairement aux allégations des écologistes, ces réserves n’accaparent pas l’eau, elles permettent au contraire de la gérer pour en permettre tous les usages. Au contraire, elles sont justement dimensionnées pour irriguer les cultures sans priver les autres milieux de l’environnement de leurs besoins en eau : les populations, la faune et la flore (biodiversité), les rivières, marais, zones humides et cours d’eau alentour. Dans le Lot-et-Garonne, des retenues d’eau collinaires permettent de maintenir le niveau des rivières l’été, lesquelles, sans eux, seraient asséchées. L’ingénieux canal du midi ne pourrait pas fonctionner sans le lac et le barrage de Saint Ferréol imaginés et construits par Pierre-Paul Riquet en 1667. Ils sont aujourd’hui classés au patrimoine mondial de l’humanité.
L’eau ne se consomme pas, elle circule