Marie Delarue 24 février 2022
Je le disais ici même, l’heure des boules puantes est arrivée. Dans le viseur de ce jour, Valérie Pécresse. Après Mediapart, c’est Libération qui tient la catapulte et l’on doit à la vérité de dire que leur longue enquête est particulièrement fouillée.
Comme dans tous les scrutins internes du Parti socialiste d’hier – et sans doute aussi d’aujourd’hui –, quand on nous expliquait que c’était une question de « culture interne » (cf. la fraude avérée lors de l’élection de Martine Aubry à la tête du parti, en 2008), il y a le lot de morts votants, et même un chien. Son maître reconnaît l’avoir inscrit « pour tester, pour voir si c’était faisable ». Dont acte !
Quant à être bien sûr que ces fantômes ont participé au scrutin, impossible : « LR nous indique avoir détruit le fichier électoral “après expiration des délais de recours“, fixés à 24 heures », écrit Libé. Néanmoins, concède un cadre, enrôler de faux adhérents, « c’était possible jusqu’à trois, en plus de vous. Mais honnêtement, c’était marginal […].
La fraude, enfin l’astuce, n’est pas là : c’est d’aller chercher des
gens qui s’en contrefoutent, en les convainquant que ça n’engage à
rien. »
Il semble en effet que cette méthode-là ait été assez efficace,
puisqu’on trouve parmi les votants des Chinois en nombre, inscrits par
des connaissances « pour rendre service ». Certains, qui ne parlent pas français, assurent n’avoir jamais voté ; d’autres se souviennent vaguement d’avoir « voté pour une dame » sans pouvoir donner son nom. Ils ont obéi aux consignes. L’un se confie, via un traducteur : « À l’automne, les dirigeants [de l’association communautaire] ont
poussé les membres à s’inscrire à LR et à soutenir Valérie Pécresse.
Ils sollicitaient des jeunes qui ne parlaient pas français et ne
connaissaient absolument pas la politique. On leur disait juste qu’avec
la droite, ce serait mieux au niveau de la sécurité. Cela se passait en
face-à-face ou sur WeChat. » Il ajoute qu’ils « faisaient aussi campagne en dehors de l’association, et même parmi les sans-papiers ». L’explication ? C’est, dit-il, les liens entre « le président de l’association et l’adjointe au maire d’Aubervilliers, Mme Ling Lenzi, qui soutient Valérie Pécresse ».