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vendredi 15 mai 2020

Priver les Français de nature, la société de contrôle jusqu’à l’absurde





 14 mai 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre) 

Les deux mois qu’a duré le confinement, les Françaises et les Français n’ont plus pu sortir librement dans la nature. 

Et la menace de cette interdiction n’est pas dissipée.

Cette politique a nécessité des moyens policiers démesurés, avec drones et hélicoptères, maltraitant les humains, qui ont un besoin vital d’accéder aux espaces naturels.
Pendant deux mois, les Français ont été privés de printemps.
Assignés à résidence, les yeux collés aux écrans, ils ont été comme coupés du vivant.
Depuis fin mars, plusieurs arrêtés préfectoraux ont interdit l’accès aux espaces naturels pendant toute la période du confinement.
Finies les balades en forêt, les marches au bord de l’eau, le plaisir d’être dehors alors que les jours s’allongent et que la nature se réveille.
Au nom de la lutte contre la pandémie, les Français ont été arrachés à leurs biens communs.
La situation se poursuit aujourd’hui.
Avec le déconfinement, le littoral reste sous haute surveillance.
Les bivouacs en montagne restent interdits en Savoie et en Haute-Savoie.
Les parcs urbains et périurbains sont inaccessibles dans les départements classés rouge.
Et ce qui a été ré-autorisé dans les départements verts reste incertain : par un décret publié le 11 mai 2020, le gouvernement permet aux préfets de réinstaurer à tout moment une réglementation identique à celle en vigueur pendant le confinement.
Dans les Hautes-Alpes.
À l’origine, ces mesures répondaient à l’urgence, à la nécessité d’endiguer, par tous les moyens possibles, la « vague » qui déferlait sur le pays.
L’interdiction des espaces naturels et l’obligation de rester cantonné à un kilomètre de chez soi avaient le mérite de la simplicité.
Ces dispositions étaient facilement applicables et contrôlables.
Et partout en France, les préfets ont serré la vis, dans une sorte de surenchère.
Au total, plus d’une vingtaine de départements ont interdit explicitement l’accès aux espaces naturels. Dans la Meuse, les forêts ont été désertées, alors qu’elles représentent 37 % de la superficie du département.
Les autorités y ont interdit les promenades, les cueillettes et la coupe de bois.
Des activités jugées « non indispensables », même si nombre de personnes, localement, en tirent des ressources ou un moyen de chauffage.

jeudi 7 mai 2020

Rendez-nous la liberté de la mer et de la montagne!




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FIGAROVOX/TRIBUNE - La fermeture au public des sentiers de forêt, de montagne et de littoral est difficilement compréhensible tant le risque de propagation du virus y est faible, observe l’historien Maxime Tandonnet.
Ces lieux où l’âme divague à loisir sont pourtant des espaces de liberté.

Parmi toutes les interdictions qui se sont abattues sur la France depuis mi-mars 2020, l’une est emblématique et est ressentie comme particulièrement choquante par les Français: celle de se rendre dans les espaces sauvages, les forêts, les montagnes ou les plages. 

L’interdiction de se rendre dans les forêts, les montagnes et les plages ne paraît pas avoir de fondement rationnel.

Les Français, dans leur ensemble, admettent vaille que vaille, en peuple docile, certaines suspensions de leurs libertés, y compris la plus précieuse de toutes, celle d’aller et venir où bon leur semble, dès lors que cette privation peut se justifier par la nécessité d’enrayer l’épidémie et de sauver des vies.
Ils acceptent le principe de leur assignation à résidence, une mesure privative de la liberté ; ils tolèrent de se soumettre à l’obligation de détenir un sauf-conduit et à des contrôles qui dérogent aux principes d’une démocratie libérale, dès lors que cette suspension de la liberté est temporaire, circonscrite dans le temps, et qu’elle est compréhensible quant à son lien avec la lutte contre la contagion.
En revanche, l’interdiction de se rendre dans les forêts, les montagnes et les plages, sans aucun précédent (à l’exception du bannissement du littoral sous l’occupation), ne leur paraît pas avoir de fondement rationnel.
Il est permis de se rendre dans des magasins, de prendre les transports en commun bondés, de marcher dans la rue ou dans les espaces publics.
Mais pourquoi les lieux sauvages, où justement l’espace est sans limite - la France compte 5041 km de côtes sablonneuses, et des sentiers de forêts ou de montagne immesurables - sont-ils strictement prohibés?
 La morale du troupeau se réalise avec une acuité particulière dans le contexte de la crise sanitaire.

mardi 10 janvier 2017

Maroc : les autorités partent en guerre contre la burqa

Le 10/01/2017

  
Maroc : les autorités partent en guerre contre la burqa

© Aref Karimi Source: AFP
 
Une femme portant une burqa (photographie d'illustration)

Des médias marocains ont rapporté que des agents du ministère de l'Intérieur avaient sommé les commerçants de burqas de cesser leur activité, et de se débarrasser de leurs stocks. Une décision qui aurait été prise pour des raisons sécuritaires.
                                   
D'après le site marocain 360.ma, les autorités du royaume chérifien ont entrepris de faire disparaître les burqas (voile intégral islamiqued'origine afghane) des commerces du pays : lundi 9 janvier, un journaliste de ce média a en effet rapporté qu'un agent d'autorité (un «caïd») avait fait le tour des fabricants dans le quartier des Habous à Casablanca, afin de les enjoindre à cesser leur production de burqas.
 De même, selon le site, des créateurs de ce vêtement de la ville de Taroudant (Sud-Ouest) ont reçu dimanche 8 janvier un courrier, leur indiquant qu'ils avaient jusqu'à 48 heures pour se débarrasser de leur stocks.