C’est ce qu’on appelle avoir le sens du timing.
Alors que le monde agricole vit une profonde crise depuis plusieurs semaines, alors que les agriculteurs réclament davantage de considération et alors que les paysans dénoncent les normes absurdes qui leur sont imposées, un document de France Stratégie, organisme autonome rattaché au Premier ministre, vient être envoyé au Comité national de l’eau. Or, loin d’apporter un quelconque soutien aux agriculteurs ou de leur promettre un meilleur accompagnement, cette note propose un modèle décroissant. Une vision bien éloignée des revendications portées par les agriculteurs présents dans tout le pays sur les barrages qui illustre à nouveau la déconnexion totale des administrations.
Réduction des surfaces agricoles
Un rapport qui fuite et qui en dit long sur l’état d’esprit de l’administration. Ce 28 janvier, Emmanuel Ferrand, agriculteur et maire de Saint-Pourçain-sur-Sioule dans l’Allier, publie sur son compte X (anciennement Twitter) les scénarios étudiés par France Stratégie sur les « besoins en eau » à l’horizon 2050. Selon lui, ces quatre paragraphes et ce tableau récapitulatif, s’ils sont mis en œuvre, signeraient « la suppression de l’agriculture française ». En effet, cette étude, soumise au Comité national de l’eau, propose une vision résolument décroissante de l’agriculture française. Baisse de 50 % de la consommation de viande, baisse de 41 % des surfaces de fourrages (maïs, prairies temporaires), baisse de 36 % des surfaces de maïs, baisse de 20 % des cultures de pommes de terre, betteraves et vignes… En d’autres termes, France Stratégie prévoit, d’ici les trente prochaines années, une réduction drastique des cultures sur le sol français. Une décroissance agricole qui devrait aller de pair, si on en croit les prospectives de ce document, avec une baisse de l’activité industrielle et également du nucléaire (-80 %).

