Georges Michel
Le hasard – mais y a-t-il un hasard ? – du calendrier fait drôlement bien les choses.
L’empaquetage de l’Arc de Triomphe de Paris
tombe presque en même temps que les Journées européennes du patrimoine.
La polémique fait rage sur les réseaux sociaux, comme le soulignait
avec un peu de mépris Le Parisien de vendredi qui revenait de son petit micro-trottoir
autour du monument. Le quotidien a, en effet, trouvé des Parisiens et
touristes emballés, à quelques grincheux près. Cela aurait été peut-être
intéressant d’y aller à l’heure du ravivage de la flamme (c’est
pratiquement tous les jours à 18 h 30). Les anciens combattants, par
exemple, ont peut-être un avis, eux aussi… Mais passons.
Le hasard, donc, fait bien les choses. Car les Journées du patrimoine
sont l’occasion de parler gros sous. Je sais, ça ne se fait pas, mais
tant pis. Et de comparer. L’empaquetage a coûté 14 millions d’euros.
Bon, l’Élysée l’a assuré, s’est rassuré, nous a rassurés, cette œuvre
d’art éphémère (c’est comme ça, paraît-il, qu’il faut voir la chose) ne
coûtera pas un centime au contribuable. C’est ce qui autorise, sans
doute, dans une logique qu’on imagine win-win, à faire ce que l’on veut sur un monument national. Puisque c’est gratuit. Mettons. Mais 14 millions d’euros, tout de même.
Histoire de fixer les esprits tout en restant dans le domaine du patrimoine, la restauration d’une chapelle de pénitents du XVIIe
siècle, dans un village de Provence qui m’est cher, est estimée à plus
d’un million d’euros.