Après
Churchill, Baden-Powell, Roosevelt, Colbert ou encore Cervantès, les
néo-iconoclastes compulsifs s’attaquent désormais aux saints : aux
États-Unis, la statue de l’Espagnol Junípero Serra a été abattue, celle
de Saint Louis sauvagement dégradée et taguée.
Le phénomène, crise
identitaire faisant suite à la crise sanitaire, s’apparente lui aussi à
une pandémie galopante à contagion très rapide : on ne sait quel obscur
méfait ont commis ces saints ayant pansé toute leur vie les plaies des
malheureux, mais eu égard à leur haute fonction dans la hiérarchie
(céleste, car ici-bas, c’est loin d’être toujours le cas, mais allez
leur expliquer cela…) de l’Église, ils étaient forcément de mèche avec
cette « firme » de Blancs dominants.
Tous responsables et tous
coupables.
Et si ce ne sont eux, ce sont donc leurs frères.
Le 20 juin, l’Espagne a demandé aux autorités américaines de protéger
leur patrimoine commun.
On doute fortement que la France en ait fait
autant et on peut remercier la poignée de jeunes catholiques américains –
les images ont beaucoup tourné sur les réseaux sociaux – qui ont sauvé
l’honneur en allant frotter, lessiver, gratter pour effacer, sur le
socle de Louis IX, les traces de l’outrage.
La comparaison des deux
scènes – d’un côté des hommes en noir, la tête rentrée dans la capuche
qui éructent et détruisent, de l’autre des enfants sages à visage
découvert qui réparent en chantant des cantiques – est du reste presque
allégorique.
Les socles sont désormais vides. Qui mettre à leur place ? Un Noir,
bien sûr.
Une femme, idéalement. Une esclave libérée de ses chaînes
serait évidemment parfait.
On se gratte le menton. On cherche un nom.
Eurêka ! La Soudanaise
Joséphine Bakhita (1869-1947) !
Mais c’est qu’il va falloir changer d’un coup tous les vieux logiciels.