mercredi 23 juillet 2014

Auschwitz ne justifie pas Gaza !


Israeli Flag


Le 22 juillet 2014
 
  
L’antisémitisme en France et dans le monde n’a pas aujourd’hui d’allié plus efficace, plus puissant et plus dangereux qu’un pays nommé Israël.

La « communauté juive » en France compte environ 600.000 individus, la « communauté musulmane » entre trois et cinq millions.
 J’avoue ne pas avoir sous la main la recension précise des effectifs de la « communauté bretonne », de la « communauté alsacienne », de la « communauté basque », de la « communauté homosexuelle », de la « communauté transsexuelle », de la « communauté ambidextre », de la « communauté noire », de la « communauté blanche » et autres éléments de la communauté française, plus connue sous les noms de République ou de nation.
Mais je ne sache pas que le « vivre-ensemble » des 65 millions de Français soit une suite quotidienne de batailles rangées, d’affrontements sanglants, entre factions politiques, églises, groupes ethniques et que sais-je encore.
 Nous ne sommes pas (pas encore, diront les pessimistes) revenus à l’âge des cavernes, au temps des guerres de religion, ni à l’époque où, comme disait Georges Pompidou, les Français ne s’aimaient pas.
La France n’est pas (ou pas encore, diront les pessimistes) la Syrie, l’Irak ou la Libye.
 Restons calmes.
Il est avéré que l’on a entendu ces derniers jours dans les rues de Paris puis à Sarcelles le cri odieux de « Mort aux juifs ! »
 Il est avéré que quelques centaines de fanatiques et de voyous, probablement les mêmes dans les deux cas, se sont attaqués à des synagogues, ont mis le feu à trois magasins, ont vandalisé une quinzaine de commerces, appartenant ou non à des israélites.
Faut-il en déduire comme l’ont fait aussitôt les médias — peut-être faudrait-il dire les immédias — et comme l’ont donné à croire les déclarations alarmistes du Premier ministre et la réception par le président de la République de représentants des principales religions, que la Bête immonde est sortie, telle Dracula, du cercueil ou on la croyait définitivement enfermée, un clou fiché dans le cœur – et que l’antisémitisme déferle sur notre pays ?

 Prenons garde à ne pas tomber dans l’excès ou dans la confusion.
Israël est un État comme un autre.
Après plus de dix-neuf siècles d’errance, de dispersion, de persécutions, de pogromes et six années où un monstre a tenté de les faire disparaître culturellement, socialement et physiquement, la « race » juive, six millions d’Israélites, devenus israéliens, se sont regroupés autour d’un foyer national où ils ont pris place, au nom d’une priorité que l’on aurait pu croire prescrite, aux dépens de ceux qui vivaient là.
Nous sommes en 2014. Aucun rapport rationnel ou affectif ne peut plus être fait entre la tentative de génocide perpétrée par Hitler contre les Juifs et le comportement d’Israël vis-à-vis des lointains descendants des Philistins.
Auschwitz ne justifie pas Gaza.
On est en droit de blâmer et même de condamner la manière forte dont Israël en a usé avec les Palestiniens, de désapprouver et même de réprouver la désinvolture dont ont fait preuve depuis des années ses gouvernements vis-à-vis des résolutions de l’ONU, des accords qu’ils avaient signés et des engagements qu’ils avaient pris, on peut parfaitement être choqué et même indigné par la dureté, la brutalité de leurs interventions et les atrocités qu’elles entraînent sans être en aucune façon antisémite.
Ce n’est pas parce que M. Nétanyahou est juif mais à cause du sang innocent qu’il répand à Gaza que tout être normalement constitué doit condamner sa « politique ».
 La judéité n’a rien à voir là-dedans.
Israël lors de sa naissance bénéficiait du fabuleux capital de sympathie que lui valaient les indicibles souffrances endurées par le peuple juif, le dynamisme, l’ardeur, le courage des pionniers qui, tels les cow-boys des westerns, défendaient le fusil à la main la terre d’où ils faisaient jaillir des fruits qu’elle n’avait jamais portés, et l’inégalité du combat que le jeune David israélien menait contre le Goliath arabe.
D’erreur en erreur, de guerre en guerre, de crime en crime, ce capital a fondu.
La ficelle sur laquelle tiraient les dirigeants israéliens s’est cassée.
David est devenu Goliath, Goliath est devenu David.
 Israël qui l’a emporté dans toutes les guerres qu’il a menées depuis 1948 et qui, malgré les menaces permanentes qui ont pesé sur lui, s’est installé dans une attitude arrogante et une position dominante, n’a jamais désarmé, n’a jamais composé, n’a jamais faibli mais n’a jamais non plus engagé un véritable dialogue avec des adversaires que, par un paradoxal renversement de l’histoire, un nombre croissant d’Israéliens tiennent pour des sous-hommes.
 Israël va gagner cette guerre comme les précédentes.
Et après ?

Les voyous et les brutes qui ont poussé des cris de mort et qui s’en sont pris à des Juifs parce qu’ils étaient juifs ne s’embarrassent pas de subtilités mais s’ils glissent en effet de l’hostilité à Israël à l’antisionisme et de l’antisionisme à l’antisémitisme, à qui la faute ?

 L’antisémitisme en France et dans le monde n’a pas aujourd’hui d’allié plus efficace, plus puissant et plus dangereux qu’un pays nommé Israël.

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