mardi 25 février 2014

Manifestations au Venezuela : gare à l’enfumage médiatique !

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Le 24 février 2014


    
Pour mieux comprendre cet imbroglio, comme toujours, prière de se reporter à Gérard de Villiers et à son SAS consacré au sujet.

Une manifestation de masse chasse l’autre.
 Toutes différentes, mais au traitement médiatique généralement identique : insurgés héroïques et démocrates, répression brutale des autorités « fascisantes », sans oublier les fameuses « exactions », comme on dit.
 Hier l’Ukraine, aujourd’hui le Venezuela.
Ainsi, Caracas.
 50.000 personnes dans les rues ce week-end dernier.
 Une dizaine de morts et une centaine de blessés, assurent les médias, oubliant de rappeler que parmi les victimes, les policiers ont aussi payé leur écot.
 Il est évidemment licite de ne pas apprécier la politique de Nicolás Maduro, dauphin du défunt Hugo Chávez.
Il n’empêche que l’actuel président vénézuélien a été élu haut la main, au même titre que son prédécesseur, sorti, en quinze ans, vainqueur de seize élections sur dix-sept.

Alors, que veulent ces manifestants ?
 Moins d’inflation, de pénurie de produits de première nécessité et plus de sécurité.
 Mais qui ne le voudrait pas ?
Les principaux responsables de cet état de fait ?
 L’actuel gouvernement et ses prédécesseurs, il va de soi, légèrement atteints par l’usure du pouvoir, c’est la règle du genre.
Ce bilan en est-il si négatif pour autant ?
Tout dépend de l’aune à laquelle on juge le verre à moitié vide ou à moitié plein.
Au crédit d’Hugo Chávez : le retour à la souveraineté nationale, face à l’encombrant protecteur américain.
 Misère éradiquée et éducation pour tous, le Venezuela pointant en cinquième place des pays comptant le plus d’étudiants en universités, chiffres de l’UNESCO.
À son débit : une insécurité galopante, mais les cartels colombiens y sont aussi pour quelque chose, souvent poussés en sous-main par le gouvernement de Bogotá, rival local de Caracas, et pas forcément mécontent d’exporter sa racaille.
 Et une économie entièrement centrée sur la rente pétrolière, qui lui a fait oublier l’agriculture vivrière ; de fait, le Venezuela importe des produits qu’il pourrait lui-même produire et ne produit pas.
Après, soyons justes, ce régime néo-bolivarien qu’on accuse de totalitarisme larvé doit composer avec des médias privés à 80 %, et pas précisément prompts à défendre la révolution initiée par Hugo Chávez ; sans compter un puissant secteur industriel, lui aussi privé, n’étant pas pour rien dans l’actuelle flambée des prix et ayant une fâcheuse tendance à plus lutter pour ses intérêts propres que ceux de la collectivité nationale.
Pour mieux comprendre cet imbroglio, comme toujours, prière de se reporter à Gérard de Villiers et à son SAS consacré au sujet : Que la bête meure.
 L’occasion de constater qu’en colonisant l’Amérique latine, l’Espagne de l’époque exporta aussi son modèle social. Soit quelques grandes familles représentant quelque 2 % de la population et accaparant près de 90 % des richesses.
 D’où les FARC colombiennes, plus ancienne guérilla du monde.
 D’où aussi des guerres civiles larvées, tel qu’au Guatémala.
La guerre froide est finie depuis belle lurette et même si, alors, le KGB pouvait aider à la manœuvre, le FSB (son actuel successeur) n’y est aujourd’hui strictement pour rien.
 Là, comme au Venezuela, vouloir considérer les choses en termes de marxisme ou de libéralisme n’a plus guère de sens, même si certains commentateurs persistent en cette grille de lecture.
 Qu’ils lisent ou relisent le pape François qui, en la matière et en la région, en connaît plus qu’un rayon.

Et laissons le mot de la fin au Français Salim Lamrani, interrogé par le quotidien algérien El Watan : « Les États-Unis jouent un rôle majeur dans la déstabilisation du Venezuela. Ce pays est le cinquième producteur mondial de pétrole et l’arrivée au pouvoir de Chávez a permis à la nation vénézuélienne de retrouver sa souveraineté politique, économique et énergétique. Désormais, les richesses nationales sont destinées à la majorité et non plus uniquement aux multinationales états-uniennes et à l’oligarchie pétrolière du pays. »

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