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mardi 12 novembre 2024

"On ne vit pas, on survit" : trois travailleurs pauvres racontent un quotidien difficile malgré l'emploi


 Isabelle, Valérie et Jérémy travaillent, pourtant, ils ne s'en sortent pas financièrement. Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux.

Isabelle, Valérie et Jérémy travaillent, pourtant, ils ne s'en sortent pas financièrement. Les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux. • © FTV
 

 Publié le  

 Claire-Marine Selles

 france3-regions

 

 Ils travaillent dans l'entretien, le soin, l'aide à la personne, le commerce, l'industrie. 

Précarité, horaires fractionnés, temps partiels subis : en France, ils sont plus d'un million à vivre sous le seuil de pauvreté alors qu'ils ont un emploi. Trois d'entre eux ont accepté de témoigner.

Le soleil ne s'est pas encore levé sur les tours d'Amiens nord, mais Valérie Debrie est déjà prête à partir au travail. Trois fois par semaine, elle se lève à cinq heures pour aller faire le ménage dans l'une des deux entreprises où elle travaille. Elle prend un premier bus, puis un second à la gare, 45 minutes de route, puis elle marche une demi-heure pour rejoindre les locaux qu'elle doit nettoyer. 

"On a l'habitude, on est obligés de faire ça pour aller gagner notre pain", se résigne Valérie. Elle est en CDD à mi-temps, 20 heures par semaine. Payée au SMIC, elle gagne donc un salaire de 960 € par mois. Soit entre 150 € et 200 € de reste à vivre, une fois le loyer et les charges payées. Avec cela, elle élève ses deux plus jeunes enfants.

 

Valérie travaille à temps partiel : avec moins de 1000€ par mois, elle doit vivre avec ses deux enfants. • © FTV

Valérie Debrie fait partie des travailleurs pauvres. L'Observatoire des inégalités les définit comme celles et ceux qui gagnent moins de 50 % du salaire médian, soit moins de 1 000 € par mois. En 2022, ils étaient 1,1 million. Oxfam, pour sa part, parle de 2 millions de travailleurs pauvres, car l'association utilise le taux de pauvreté de l'INSEE, c'est-à-dire moins de 60 % du salaire médian. Derrière ces chiffres, des hommes et des femmes, de plus en plus nombreux. 


"Maintenant, on prend l'emploi et on ne s'en sort pas mieux"

Travailler, pour Valérie Debrie, c'est avant tout éviter la solitude. "Je ne me vois pas rester à la maison, c'est impossible, en allant travailler, je vois du monde, ce n'est pas la même vie", résume-t-elle. Elle apprécie le contact avec les employés de l'entreprise où elle fait le ménage. Mais elle se livre aussi sur la difficulté de ce quotidien. "C'est dur parce que je suis seule avec deux enfants, dont un qui a des problèmes de santé. Une fois payé les factures, il ne reste plus grand-chose. Si je n'y arrive pas, ma grande fille me dépanne." 

mardi 19 janvier 2021

« Mauvaise nouvelle, record pour les créations d’entreprises !! » L’édito de Charles SANNAT


 par | 19 Jan 2021 |

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Cela peut sembler surprenant de ne pas se réjouir de l’augmentation du nombre de créations d’entreprises et pourtant c’est bien le cas. 

Derrière la bonne nouvelle théorique, il se cache de bien mauvaises nouvelles économiques en réalité.

Comme vous le savez, je n’ai de cesse de prévenir notre petite communauté d’aimables lecteurs des grandes mutations qui touchent le marché du travail.

En effet, si nous levons les yeux et que nous regardons le tableau d’ensemble d’un point de vue historique on se rend compte que la norme est le paiement à la tâche, l’absence de droits sociaux et en gros un « marche ou crève » systématique ou presque !

Il faudra attendre la montée du péril du communiste au début du 20ème siècle pour voir les premières avancées sociales. Au moment où de doctes esprits veulent interdire la fessée aux sales gosses, il ne faut pas oublier que jusqu’en 1936, même le Front Populaire faisait tirer par la troupe (à balles réelles) sur les ouvriers en grève !

Finalement ce n’est qu’à la Libération et avec l’application du programme du Conseil National de la Résistance le CNR que les avancées sociales seront massives et majeures. Le salariat, protecteur, devient la norme. C’est une révolution commencée avec la révolution industrielle. Mais historiquement, la règle est le paiement à la tâche !

Des créations d’entreprises pour se créer son propre emploi !

Europe 1 (source ici) nous le dit bien, « il n’y a jamais eu autant de créations d’entreprises qu’en 2020. L’INSEE en comptabilise près de 850 000, un record absolu. Mais dans le détail, il s’agit surtout d’entreprises individuelles et notamment de micro-entrepreneurs effectuant de la livraison à domicile, ce qui traduit les changements induits par la crise sanitaire ».