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lundi 18 mars 2024

Le professeur Trouposol a sa seule usine d’obus quasiment à l’arrêt. La Russie tremble.

 

 

par | 18 Mar 2024 |

Les Forges de Tarbes sont en fait l’ancienne obuserie de Giat Industries, une entreprise que seuls les plus anciens ont pu connaître et ont encore en mémoire (source ici).

Ces forges de Tarbes, qui fabriquent ce que l’on appelle des corps d’obus (ce qui serait la « douille » ou l’étui d’une balle mais pour un obus), sont quasiment à l’arrêt.

« Seule usine française produisant des corps creux pour obus de grande taille, les Forges de Tarbes sont secouées, depuis plusieurs mois, par un mouvement social. D’après les syndicalistes, le site subit « un manque d’investissements » criant qui ampute sa capacité de production. Le propriétaire du site dément. L’ancienne obuserie de Giat Industries, rachetée par le groupe landais Europlasma en 2021 et ressuscitée par l’afflux de commandes lié à la guerre en Ukraine, est en proie à un mouvement social depuis plusieurs mois. »

Bref, c’est le bazar à Tarbes. C’est assez logique et compréhensible.

Nous avons patiemment détruit notre outil productif militaire.

Nous ne fabriquons plus de fusil.

Nos cartouches, elles, viennent je crois du Qatar ou des Emirats.

jeudi 17 mars 2022

L’armée française n’a-t-elle que quatre jours de munitions ?


 


Arnaud Florac 16 mars 2022

C'est, mine de rien, une petite bombe que vient de lâcher Christian Cambon, patron de la commission de du Sénat, interrogé, ce mercredi, sur RFI. Dans un contexte de aux portes de l'Europe, de retour aux conflits dits « de haute intensité » et aux affrontements entre puissances de poids égal, le sénateur LR a expliqué que la France serait à court de munitions au bout de « quatre jours au maximum ».

 « Je ne force pas le trait, a-t-il ajouté. Je pense même que mes informations sont optimistes par rapport à la réalité sur un certain nombre de points. »

Quatre jours. Ce n'est même pas une semaine ouvrable : attaqués le lundi matin, nous serions désarmés le jeudi soir. Qu'en penser ? D'abord, comme le dit Christian Cambon, nos stocks de munitions sont employés sur les théâtres d'opérations, dans la bande sahélo-saharienne (BSS) notamment. Nous devons donc les renouveler plus fréquemment. Toutefois (et c'est le second point), le fait que le sénateur insiste sur le caractère douteux de certaines informations doit nous alerter. Peut-être les armées, comme le régisseur malhonnête de la Bible (Lc, 16; 1-13), tripatouillent-elles les comptes pour rendre aux parlementaires une copie un peu plus propre que la réalité. « Faites-vous des amis avec cet argent malhonnête », concluait Jésus-Christ avec un pragmatisme qui surprend parfois les fidèles - et qui ne devrait évidemment pas, mais je sors de mon rôle, être interprété au premier degré. Les armées ont-elles cherché à se faire des amis avec des comptes rendus malhonnêtes, à « conquérir des ressources » pendant des années, quand Chirac, puis Sarkozy, puis Hollande les saignaient jusqu'à l'os ? On ne le sait pas. Les données de la commission de Défense sont-elles fiables, optimistes ou pessimistes ? On l'ignore.

Troisièmement, le spectre de la drôle de fait son retour, jusque dans le discours du sénateur : « Nous ne voudrions pas nous retrouver dans une situation identique si jamais le conflit arrive jusqu'à nos portes, ce que nous n'osons pas croire. » Depuis longtemps, l' de la République traîne l'image, probablement liée au service militaire autant qu'à la débâcle de 1940, d'une bande de franchouillards incompétents, défaits au premier coup de fusil, roublards et lâches. Une image qui ne correspond pas à la réalité. Ce n'est pas rendre justice à un millénaire de gloire (la France est le pays du monde qui a emporté le plus de victoires militaires) ni aux victoires tactiques plus récentes, défaites par des décisions politiques, ni, tout près de nous, aux héros tombés pour la France, dans une indifférence quasi générale, sur les théâtres d'opérations extérieures. Cependant, si nos armées sont fortes et se densifient encore pour durer et encaisser les chocs, elles ne sont rien - il en a déjà été question ici - sans le soutien de leur peuple. La défaite de 1940 a été celle de tout un pays, lassé par les horreurs de 1914, plein de certitudes, commandé par des officiers de temps de paix, gouverné par des politiciens de temps de paix, un pays persuadé d'aller « pendre son linge sur la ligne Siegfried » et qui, dès l'été 1940, voyait les uniformes vert-de-gris défiler sur les Champs-Élysées.