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mardi 25 janvier 2022

Ehpad. Plus jamais. Vers le scandale ORPEA ?

 

Nous maltraitons nos anciens. Nos vieux. Ne voyez aucune notion péjorative dans le mot vieux. Il est noble. Oui. Nous maltraitons nos vieux. 

Ils ne comptent plus vraiment. Nous sous-traitons la vieillesse, nous payons à prix d’or des établissements pas toujours resplendissants. Je n’oublierai jamais ma grand-mère dans son fauteuil roulant, si peu « autonome » dans sa « mapad », me montrant discrètement les fruits pourris que l’on donnait aux petits vieux. Alors, les rares fois où j’allais la voir, je lui ramenai des fruits frais, mûrs et pas pourris.

Une société se juge à la manière dont elle prend soin de ses plus faibles.

Nos plus faibles sont nos gamins, nos vieux et nos malades.

Ils devraient être l’une de nos priorités.

Nous les avons oubliés.

Nous faisons de nos enfants des abrutis d’écrans (télé, jeux vidéos etc) qui ne pensent plus. Nos vieux nous les mettons dans des mouroirs. Dans les hôpitaux, on ne les soigne presque plus. Encore moins depuis le Covid. Chaque jour les patients sont évidemment triés. Les vieux meurent. En silence, mais sans dignité.

Ressaisissons-nous. C’est d’humanité dont nous parlons ici. De tendresse. De la vie. De la mort. Du temps, inéluctable qui passe. Même les starteupeurs de la start-up nation de Macron finiront par devenir vieux. La jeunesse ne dure qu’un temps, un temps tellement court.

Le communiqué de presse d’ORPEA

« Un article publié ce jour dans le journal Le Monde dévoile les premiers éléments d’un ouvrage à paraitre visant ORPEA.

Ces éléments, polémiques et agressifs montrent une volonté manifeste de nuire.

Nous contestons formellement l’ensemble de ces accusations que nous considérons comme mensongères, outrageantes et préjudiciables. De telles attaques ne sont malheureusement pas nouvelles mais sont extrêmement violentes dans un contexte où nos équipes sont encore plus mobilisées depuis deux ans par la crise sanitaire.

Nous ne pouvons pas laisser de telles dérives sensationnalistes et mensongères ternir l’image d’ORPEA et du secteur. ORPEA, ses dirigeants et ses collaborateurs ont toujours placé, depuis trente ans, le bien-être des résidents, l’accompagnement des équipes et l’éthique professionnelle au cœur des critères de leur action et du développement de l’entreprise.

Le Groupe procède chaque année à une enquête de satisfaction auprès de ses résidents et familles, réalisée par un organisme externe indépendant, dont les derniers résultats montrent un taux de recommandation moyen de 95 %.

Par ailleurs, ORPEA exerce son activité dans un secteur qui fait l’objet de règlementations strictes et de contrôles réguliers par les autorités publiques. Il n’aurait évidemment pas été en mesure d’assurer son développement en France et à l’international s’il ne respectait pas scrupuleusement les obligations qui sont les siennes.

ORPEA, ne disposant pas du livre à ce jour, a d’ores et déjà saisi ses avocats pour y donner toutes les suites, y compris sur le plan judiciaire, afin de rétablir la vérité des faits et défendre son honneur ainsi que celui de ses collaborateurs qui remplissent quotidiennement une mission admirable, avec conscience professionnelle et engagement »

J’ai beaucoup rigolé sur l’organisme indépendant qui fait une enquête de satisfaction avec 95 % de résultats positifs. C’est la même chose dans toutes les entreprises, ORPEA comme toutes les autres, de la téléphonie aux banques, elles ont toutes des taux de satisfaction au sommet. Un peu comme la côte de popularité du premier secrétaire du parti communiste en URSS.

Sinon pour le reste voici l’article du Monde évoqué dans le communiqué de presse d’OPEA.

« Les Fossoyeurs », un livre qui ouvre le débat sur la gestion et le contrôle des maisons de retraite

vendredi 7 mai 2021

Covid : sauvez des vies, attachez un vieux !


  
(c)Dreamstime
 Publié le 07/05/2021
Auteur(s): Erwan Lubovski, pour francesoir

TRIBUNE -
 
 Dans un rapport publié le 4 mai, le Défenseur des droits alerte sur les « maltraitances institutionnelles » dont sont victimes les personnes âgées résidentes en EHPAD.

« Sauver des vies. Quoi qu'il en coûte. » C’était le plan, tel qu’annoncé par Emmanuel Macron le 12 mars 2020, alors que la France plongeait tête la première dans les ténèbres d’une politique sanitaire morbide. Quoi qu’il en coûte ? On connait la suite, des milliards dépensés pour empêcher les français de travailler, des milliards dépensés pour secourir des entreprises qu’on s’évertuait par ailleurs à faire crever… Des milliards… Mais si peu pour les hôpitaux, et encore moins pour les EHPAD dont les résidents du fait de leur grand âge sont pourtant la première et principale cible du Covid.

Le « manque de moyens », c’est le premier élément que dénonce ce rapport sur les EHPAD : « le droit à l’accompagnement individualisé et adapté est compromis par le manque de moyens, humains et financiers, des établissements... » Même les soins élémentaires « comme ceux qui relèvent de la toilette, sont organisés dans une logique comptable pour réduire les effectifs du personnel. » Et d’enfoncer le clou : « dans un contexte budgétaire contraint, les EHPAD organisent le plus souvent leur offre de services selon une logique gestionnaire. »

On achève bien les chevaux...

Mais qu’à cela tienne, en France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. Pas de personnel pour s’occuper de Papy ? No problemo, on va l’attacher au fauteuil. C’est ce qu’a dû subir Georges Bordes, 93 ans, résident d’un EHPAD dans le Tarn : « Il est resté durant les 15 jours qui ont précédé son décès, entravé sur ce fauteuil en journée et sous somnifères importants la nuit. Tout cela afin qu’il ne puisse quitter sa chambre et déambuler. » Cause officielle de la mort ? Covid-19. Rien à signaler du côté de la directrice de l’établissement qui, interrogée par le quotidien La Dépêche, a jugé que le « protocole » avait été respecté et que « la contention n’était pas une maltraitance quand elle était évaluée par un médecin. » Circulez, y’a rien à voir.

Voir aussi : Ehpad : les droits des résidents "gravement entravés", selon la Défenseure des droits

Malheureusement, le cas de ce monsieur n’est pas isolé, comme le relève le rapport du Défenseur des droits : « la pratique de la contention physique – attachement, installation de barrières, etc. – et médicamenteuse – sédation – est répandue en EHPAD sur tout le territoire. »