12 mars 2017
François Fillon a atteint le point Chirac, celui où plus aucune attaque sur la probité n’atteint la personne. L’affaire de ses costumes en donne la preuve.
Les costumes de Fillon, la nouvelle boule puante inoffensive?
Il paraît que Fillon s’est fait offrir des costumes de luxe pour une somme globale de 50.000 euros, pendant plusieurs années.
Le donateur est anonyme (probablement pas pour Fillon, mais pour le commun des mortels). L’affaire est présentée comme un nouveau scandale, mais elle ne semble pas affecter la campagne à ce stade.
Pourtant, et à certains égards, elle soulève plus de questions que l’emploi de Pénélope.
Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens, qui reçoivent des costumes à plus de 5.000 euros et qui trouvent ça naturel?
Là encore, on se met dans la peau d’un chef d’entreprise qui reçoit des cadeaux de ce genre. L’administration fiscale ne tarderait pas à lui demander des comptes pour savoir s’il s’agit ou non d’avantages en nature non déclarés.
Visiblement, François Fillon ne connaît pas les contraintes qui pèsent sur les entrepreneurs.
Dans le même temps, on peut quand même se demander qui balance la boule puante.
Bref, on sait maintenant que Fillon a atteint le point Chirac, celui au-delà duquel n’importe quelle affaire devient neutre dans le parcours politique du candidat.
Le candidat des Républicains est désormais tellement blindé après le Penelopegate, que deux camps immuables et irréconciliables: ceux qui considèrent que, quoiqu’il arrive ou quoiqu’il dise, il est un pourri.
Et ceux qui considèrent que, quoique ses détracteurs inventent sur lui, il est victime d’un complot.


