Chère amie, cher ami,
J'ai sous les yeux le texte d'une dictée qui a été donnée à des élèves de CM2 par la direction de l'évaluation du Ministère de l'Éducation nationale :
« Le soir tombait. Papa et maman, inquiets, se demandaient pourquoi leurs quatre garçons n'étaient pas rentrés.
- Les gamins se sont certainement perdus, dit maman. S'ils n'ont pas encore retrouvé leur chemin, nous les verrons arriver très fatigués à la maison.
- Pourquoi ne pas téléphoner à Martine ? Elle les a peut-être vus !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! À ce moment, le chien se mit à aboyer. »
Lorsque vous et moi étions en fin de primaire, il est très probable que nous aurions réussi honorablement cet exercice.
Peut-être aurions-nous fait une faute d'accord, ou bien oublié un accent... mais vous admettrez que cette courte dictée ne présentait alors aucune difficulté majeure.
Tout a complètement changé depuis.
« Le soir tombait. Papa et maman, inquiets, se demandaient pourquoi leurs quatre garçons n'étaient pas rentrés.
- Les gamins se sont certainement perdus, dit maman. S'ils n'ont pas encore retrouvé leur chemin, nous les verrons arriver très fatigués à la maison.
- Pourquoi ne pas téléphoner à Martine ? Elle les a peut-être vus !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! À ce moment, le chien se mit à aboyer. »
Lorsque vous et moi étions en fin de primaire, il est très probable que nous aurions réussi honorablement cet exercice.
Peut-être aurions-nous fait une faute d'accord, ou bien oublié un accent... mais vous admettrez que cette courte dictée ne présentait alors aucune difficulté majeure.
Tout a complètement changé depuis.
En 1987, les élèves de CM2 faisaient en moyenne plus de 10 fautes à cette dictée ! 10,6 très exactement ; plus de deux fautes par ligne !
Les "pédagogies modernes" étaient passées par là : méthodes de lecture globales ou semi-globales, diminution des horaires de français...
Vous vous demandez certainement comment une telle catastrophe a été possible, mais attendez la suite.
En 2007, on a soumis à une nouvelle cohorte d'élèves cette même dictée.
Les "pédagogies modernes" étaient passées par là : méthodes de lecture globales ou semi-globales, diminution des horaires de français...
Vous vous demandez certainement comment une telle catastrophe a été possible, mais attendez la suite.
En 2007, on a soumis à une nouvelle cohorte d'élèves cette même dictée.
Le résultat a frappé de stupeur tous les experts : en effet, les élèves faisaient désormais en moyenne... 14,3 fautes, soit plus d'un tiers d'erreurs en plus !
Quasiment 3 fautes par ligne !!!
La France était entrée dans l'ère de l'illettrisme de masse.
Mais je n'imaginais pas que l'on pourrait tomber encore plus bas.
Quasiment 3 fautes par ligne !!!
La France était entrée dans l'ère de l'illettrisme de masse.
Mais je n'imaginais pas que l'on pourrait tomber encore plus bas.