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mardi 19 juillet 2022

La France des provinces, douce rivière devenue torrent de sang


 

 Arnaud Florac 18 juillet 2022

Il y avait, disons jusqu'au début de l'exode rural, une lente et un peu austère, une France calme et tendre, rude et travailleuse : on appelait ça, il n'y a pas si longtemps, la province. 

Ce n'était pas parfait : on y était volontiers conformiste, parfois envieux, souvent mesquin. 

On n'aimait pas les gens de la ville, on regardait de travers les enfants du pays qui avaient réussi, mais enfin, on y vivait tranquille. Au rythme des saisons, des moissons, des fêtes de village, on regardait le soleil se coucher, au soir de la vie, sur un paysage doux et serein, qui était exactement comme celui que l'on avait connu enfant. Du Bellay parlait de la « douceur angevine », Trenet de la « Douce /Cher pays de [son] enfance ». Il y avait le clocher, la mairie, les prairies du père Untel, la forêt des Machin, les maîtres et les paysans, le curé et l'instituteur. On causait au café, on recevait les journaux.

Bien sûr, vous allez me dire que la nostalgie est la maladie de la droite. Vous allez peut-être même me dire que la « d'avant » n'a jamais existé. Un petit tour sur le site de l'INA vous détrompera (et vous tirera des larmes en moins de dix minutes). Que reste-t-il, alors, de cette -là, celle des provinces de la carte Vidal-Lablache n° 9, devenue celle des « régions », puis celle des « territoires », puis finalement appelée « France périphérique » ? Des lieux paradisiaques et des Français enracinés, mais aussi des zones commerciales immondes, des foyers éclatés, avec la télé comme dieu lare, qui ont honte de leurs racines ; des gens tristes et perdus, gavés de malbouffe tiède et de culture américaine mal digérée, à qui on a désappris que leurs familles avaient fait la France. Et puis, bien sûr, il y a ce qu'il ne faut pas appeler le Grand Remplacement. Il y a les « incivilités », vocable discret de la sauvagerie ordinaire. Il y a les meurtres quotidiens, ces « blessures au cou » et ces « rixes », ces « différends » et ces « agressions sexuelles », ces « attaques gratuites »... Nous connaissons désormais par cœur la novlangue de la presse d'État, qui tourne autour des véritables termes pour ne pas risquer d'avoir dit la vérité.

samedi 11 septembre 2021

Kublai, expatrié en Russie : « J’aime une certaine France qui n’existe plus »


 

 

Admiratifs de la culture française, pleins d’affection pour leur pays, nombreux sont ces Français qui ont pourtant décidé de s’exiler, considérant que la France était devenue « invivable ».

Kublai, expatrié en Russie, et Loetitia, expatriée en Hongrie, disent ne pas reconnaître le pays dans lequel ils ont passé leur jeunesse. 

Exilés à l’Est, cette nouvelle vie les a convaincus. Ils témoignent au micro de Boulevard Voltaire.


samedi 5 septembre 2020

Le Mans. Une bagarre éclate place de la Sirène : deux blessés


Ce samedi après-midi, le gérant et les serveuses du Café Crème réinstallent les chaises en terrasse.

Ce samedi après-midi, le gérant et les serveuses du Café Crème réinstallent les chaises en terrasse. | OUEST-FRANCE
Ouest-France Thierry SOUFFLARD et Jérôme LOURDAIS
 


Après une bagarre survenue, place de la Sirène au Mans, les policiers ont dû avoir recours à de la lacrymo, ce samedi 5 septembre 2020 dans le centre-ville du Mans (Sarthe).


14 h 45, ce samedi, le gérant et deux serveuses du café Crème, place de la Sirène au Mans, installent leurs chaises en terrasse.

Exceptionnellement, le café ouvre à 15 h. Au lieu de 11 h, d’habitude.
« On ouvre plus tard parce qu’il a fallu ranger et nettoyer après le bazar d’hier soir », confie une serveuse.
Le bazar, c’est une grosse bagarre.
Avec des chaises et des tables qui volent. Et la porte principale du café brisée : la vitre est désormais couverte d’une planche.
Cette bagarre s’est déroulée vers minuit et demi.
Selon le gérant, la police a tardé à venir après son appel. *


« C’est hier soir qu’on aurait eu besoin de vous ! », s’exclame d’ailleurs bien fort, ce samedi après-midi, un Manceau regardant un fourgon de police passer au ralenti, place de la Sirène.
« Nous ne pouvons pas être forcément là, immédiatement, lorsque survient une bagarre quelque part en ville. Mais nous sommes ensuite intervenus rapidement pour rétablir l’ordre », confie un officier de police.