AFP Un habitant du Loir-et-Cher a dû faire demi-tour alors qu'il allait rendre visite à son père mourant sur l'Île de Ré (Image d'illustration: le 20 mars à Pleurtuit).
Patrice Dupas, habitant le Loir-et-Cher, a traversé 300 km pour rendre visite à son père avant sa mort. Verbalisé par un gendarme inflexible, il a dû faire demi-tour.
CONFINEMENT
- Il voulait dire au revoir à son père mourant, mais a dû faire
demi-tour à la demande d’un gendarme.
Patrice Dupas, un habitant du
Loir-et-Cher, a saisi l’Inspection générale de la gendarmerie nationale
(IGGN) après avoir été verbalisé de manière abusive début avril, dans le
contexte du
confinement.
Au début du mois, Patrice Dupas reçoit un appel de sa belle-mère, relate
France Inter.
Il doit se rendre en urgence au chevet de son père de 82 ans, résidant
sur l’Île de Ré, à qui l’on a diagnostiqué un cancer généralisé quelques
semaines plus tôt.
Avant de prendre la route, le vigneron prend
soin de contacter la gendarmerie du Loir-et-Cher.
Son déplacement
entre-t-il bien dans le cadre d’un “motif familial impérieux”, selon la
formule utilisée sur l’
attestation de déplacement dérogatoire? “Ils m’ont dit ‘oui, oui, il n’y a aucun problème’”, raconte-t-il auprès de
France Bleu.
“La dernière fois que je pouvais lui parler”
L’homme
prend donc la route un samedi matin.
Il est soumis à un premier
contrôle à la sortie de l’autoroute en Charente-Maritime, au cours
duquel les gendarmes le laissent passer sans problème.
Mais un deuxième
contrôle, après le pont de l’Île de Ré, le confronte à un gendarme
inflexible.
“En regardant mon attestation, il me dit: ‘Vous ne passez
pas, ce n’est pas impérieux, on n’a pas le droit d’aller visiter les
anciens dans les Ehpad’.
Je réponds que mon père n’est pas dans un Ehpad, il est en
hospitalisation à domicile et il est en phase terminale d’un cancer. Sa
réponse: ‘Non, non, vous ne passez pas, je vous mets une amende’”,
raconte Patrice Dupas à France Bleu.
L’homme tente de
négocier pendant cinq heures, et appelle même le médecin de famille qui
explique la situation au gendarme, par téléphone.