Le 27/11/2015
Marianne dessinée par Benjamin Régnier
Tribune de Laurent Obertone parue dans le Figaro le 27 Novembre 2015
La réalité vient de nous frapper en plein visage.
« Nous sommes dans la guerre », a essayé de dire François Hollande, et pourtant toujours incapables de construire des prisons, d'endiguer l'insécurité, de faire appliquer la loi, de maîtriser l'immigration, d'arrêter de prendre des « fondamentalistes » pour des déséquilibrés, et de cesser de traiter de « manipulateurs », a minima, tous ceux qui ont le mauvais goût de souligner ces problèmes.
Allez, après moi : « Je suis Charlie, je suis Paris ».
Criez plus fort, oubliez plus vite.
Vous ne voulez pas d'amalgame, mais quel choix laissez-vous à l'opinion ?
Soit répéter vos mensonges, soit la clandestinité ?
L'opinion voudrait qu'on parle enfin son langage.
Et par la même occasion qu'on cesse d'ignorer sa réalité et, si possible, sa souveraineté.
L'opinion n'accepte pas de sacrifier ses libertés en se planquant derrière des barbelés, des caméras et des surveillants parce que les planeurs qui nous gouvernent trouvent ça tellement plus beau un monde sans frontière.
L'opinion n'accepte plus qu'on la sacrifie au nom d'une « ouverture » synonyme de soumission.
L'opinion ne veut plus s'entendre dire que « les premières victimes sont les musulmans », ni que « l'islamophobie explose », quand des tarés massacrent au nom de l'Islam 130 personnes, avec le soutien de milliers de « français » et de « belges » qui le sont autant qu'une pomme est une banane.
L'opinion n'est pas stupidement méchante et débile : elle sait parfaitement que vivent parmi nous des musulmans qui aiment notre pays.
Mais elle sait tout aussi bien que des groupes salafistes, que des groupes partisans de l'État Islamique, que les frères musulmans et leur organisation française l'UOIF, que quantité d'associations publiques, parfois soutenues et financées, en tout cas tolérées par l'État, ont des fantasmes sans doute plus proches du califat que de la laïcité.