
Ausweis bitte! : cette locution, reprise pour rire dans le film Papy fait de la résistance, était moins drôle entre 1940 et 1944, lorsque l’occupant contrôlait le chaland qui passe, mettait des étiquettes sur certain(e)s jusqu’aux enfants ; c’était la guerre, la drôle de guerre.
En 2020, une autre guerre s’annonce : des mesures gouvernementales prévoient des contrôles et des sanctions pour ceux qui ne présentent pas l’attestation dérogatoire de déplacement dès mercredi.
Gare au chaland qui passe.
On fera des contrôles, éventuellement on sanctionnera.
L’urgence est là ? Remplir et présenter une attestation ?
Je pensais qu’elle était aux masques, aux gels…
Ausweis, bitte! Avec « s’il vous plaît », tout est possible.
Je suis ulcéré par cette obligation de papier que les honnêtes gens devront remplir avant de sortir et présenter, au risque de payer une amende en cas de défaillance, je m’étonne du peu de réactions de nos concitoyens honnêtes et des politiques censés les représenter, les défendre.
Une fois de plus, escrocs, dealers, délinquants de tous bords, préparant leurs sorties, auront le précieux laissez-passer, alors que le citoyen lambda, oublieux ou refusant de remplir un « Ausweis », qui n’a de valeur que celle du papier, risque d’être importuné.
Une tracasserie administrative de plus.
Avec un tel document, d’une part la présomption d’innocence n’existe plus, d’autre part aucune confiance dans le citoyen infantilisé ; si vous êtes dehors, il faut prouver que vous n’êtes pas coupable.
Les Parisiens et les Marseillais, comme si deux pôles dirigeaient la France, n’avaient qu’à bien se tenir, le week-end passé, les provinciaux suivront bon gré mal gré.