Le 28/03/2017
27 mars 2017
Michel Lhomme, philosophe, politologue
En collaboration avec notre correspondant en Guyane.
Métamag avait insisté. Depuis des semaines, le pouvoir n’a pas cessé de voyager Outre-mer.
Il a « plu » des ministres à Mayotte. Bruno Le Roux, Éricka Bareigts,
Hélène Geoffroy,
Najat Vallaud-Belkacem pour l’Éducation se sont déplacés en Polynésie française en octobre dernier et le Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas vient d’inaugurer
la nouvelle prison de Papeete, l’une des plus modernes de France.
Un peu partout, y compris aux Antilles, on s’est empressé de signer des accords, de verser les sous que l’on devait, de régler diverses indemnisations , de lancer même une future usine à gaz pour les copains à Paris : la Cité des Outre-mer.
Les promesses de François Hollande sur l’Outre-mer auront été tenues.
L’Outremer votera Macron ou Hamon, ce dernier rejoignant forcément Macron au second tour.
C’est du tout cuit sauf en Polynésie où Gaston Flosse, qui reste influent et nuisible, appelle de son côté à
voter Marine Le Pen .
Mais voilà, c’était sans compter sur la Guyane dont on sait bien et très pertinemment qu’on n’y déclenche rien sans l’accord de Christiane Taubira.
Le collectif ‘
‘terroriste” des «
500» sent peut-être la poudre mais surtout Taubira à plein nez.
Ce ne sont rien d’autre que ses hommes de main.
La rancune est tenace et le coup est bien asséné : Taubira s’y connaît en politique.
Elle frappe François Hollande à quelques semaines du premier tour sur le seul bilan à moitié positif qu’il lui reste, l’Outre-mer.
C’est du quitte au double et c’est même mieux que de se présenter aux élections.
Dans tous les cas, le gouvernement sera forcé, pour calmer le jeu, de déverser des milliers d’euros sur la Guyane en urgence et d’y envoyer des renforts de garde-mobiles .
Les émeutes en Guyane donnent maintenant lieu à des pillages spectaculaires et semblent avoir été très planifiées et organisées en amont.