
Plus jeune président
de l’histoire jusqu’à l’élection d’Emmanuel Macron, il a amorcé un
tournant progressiste, libéral et européiste dont la France n’est pas
encore revenue. Maintenant que le temps de deuil a été respecté, droit
d’inventaire. Devoir d’inventaire.
Louis-le-Grand, Libération de Paris, Croix de guerre obtenue en Allemagne, École polytechnique, École nationale d’administration, inspecteur des finances, maire, président de région, député français et européen, ministre de Charles de Gaulle et de Georges Pompidou, membre du Conseil constitutionnel, académicien et Président de la République : Valéry Giscard d'Estaing a rempli avec brio et comme aucun autre le cursus honorum républicain. Comme souvent à la mort d’une figure importante de l’histoire nationale, la pluie d’hommages tombe sans que de bilan substantiel et critique ne soit dressé. Incarnation dans la mémoire collective du centrisme, Valéry Giscard d’Estaing a en grande partie bradé l’héritage du gaullisme de la première Vème République au profit d’une politique libérale, réformiste et européiste, la même qui aujourd’hui guide l’action d’Emmanuel Macron.
En père de la « société libérale avancée »
« De ce jour date une ère nouvelle de la politique française, celle du rajeunissement et celle du changement de la France. »Le jour de son élection, VGE annonce la couleur. Progressiste sur le plan des mœurs, il est l’homme qui, témoin des événements de Mai 1968, s’efforcera d’adapter la société à l’évolution des mœurs, comme le veut l’expression consacrée. De Gaulle, homme du XIXè qui avait proposé de faire tirer sur la foule, est déjà loin.