
Un entretien paru dans le numéro 3456 de Rivarol du 27 janvier 2021.
Publié le : lundi 8 février 2021
Le
projet du Great Reset, vous connaissez ? Non ? Alors lisez Lucien
Cerise ! Spécialiste de l’ingénierie sociale et de la fabrique de
l’opinion, il nous explique ce que cache la grande réinitialisation de
nos cerveaux par le système.
Rivarol : Qui sont les auteurs et les promoteurs du projet « Great Reset » ?
Lucien Cerise : En 2014, Christine Lagarde, alors
directrice du FMI, avait déjà parlé de la nécessité d’opérer un « Great
Reset » économique, une grande remise à zéro, une grande table rase de
l’économie mondiale.
En 2020, le fondateur du forum de Davos, Klaus Schwab, reprend ce
concept de Grande réinitialisation et lui consacre un livre où il
élargit les champs d’application de ce Grand recommencement à tous les
domaines de l’existence, au prétexte de l’épidémie de coronavirus, qui
doit transformer le monde de manière irréversible et dont doivent
émerger une nouvelle normalité, une nouvelle réalité, un nouveau monde,
selon les éléments de langage en vigueur.
Ce projet révolutionnaire de couper l’histoire en deux circule donc
depuis plusieurs années dans les milieux du capitalisme industriel et
financier.
Philosophiquement, le thème de la tabula rasa n’est pas neuf
et apparaît déjà dans l’eschatologie monothéiste et sa temporalité
linéaire, ascendante, cumulative, avec un avant et un après, qui
projette d’en finir avec le Mal et une condition humaine douloureuse
pour nous acheminer vers le Bien et un avenir salvateur. D’autres
cultures ont une conception cyclique du temps et n’envisagent pas d’en
finir avec le Mal, ou ce qui est perçu comme tel, ce que Friedrich
Nietzsche reprendra à son compte avec le concept d’Éternel retour, du
Bien comme du Mal. À l’opposé, le Great Reset appartient à cette
tradition utopiste qui rêve d’organiser le monde de manière parfaitement
rationnelle, unifiée et centralisée, et d’en finir une bonne fois pour
toutes avec le Mal, identifié à la multitude humaine et à l’existence
biologique, lesquels induiraient une forme d’irrationalité, c’est-à-dire
d’imprévisibilité et d’incertitude.
Dans plusieurs publications et entretiens, Klaus Schwab nous annonce
une quatrième révolution industrielle qui va fusionner le biologique et
le numérique.Cette dictature technologique et technophile est en
gestation depuis des décennies. Les réseaux d’agents dormants ont été
pré-positionnés aux postes clés du pouvoir pendant des années, puis
activés tous ensemble en 2020.