Ce n'est pas son premier accès de schizophrénie.
Déjà, pendant la campagne, le candidat Emmanuel Macron n'avait pas eu de mots assez durs pour fustiger les décisions prises par l'entourage du président de la république François Hollande.
Ce mercredi, devant ses ministres sagement rassemblés, c'est un chef de l'État grave qui s'est exprimé devant les caméras. Retour de vacances, reprise des bonnes habitudes : un petit plan en trois parties, avec des mots qui riment, on reprend en douceur. Alors, au programme, dans cette revue de l'actualité : fin de l'abondance, fin de l'évidence, fin de l'insouciance.
🗣 Emmanuel Macron prend la parole au conseil des ministres : "Ce que nous sommes en train de vivre est de l'ordre d'une grande bascule (…) celle de la fin de l'abondance"
— franceinfo (@franceinfo) August 24, 2022
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L'abondance ? Celle de l'économie, pardi ! Fin de l'énergie à gogo, ça, on avait compris, mais aussi fin de certains produits (je crois qu'il pense à la moutarde), restrictions en chauffage. Fin de la vie à la française : toilettes en or dans les immeubles, douche en marbre chez les retraités, des marchands de caviar dans toutes les rues du pays, des avenues parisiennes parsemées de Bentley, dont la propreté donne l'impression qu'elles viennent d'être lavées. L'abondance à la française, c'est aussi celle du salaire minimum à 5.000 euros, de l'accession à la propriété pour tous, des retraites faramineuses, des agriculteurs millionnaires, du plein-emploi, bref : c'est la vie ordinaire d'un pays de cocagne. L'abondance d'un pays riche et bien administré.
L'insouciance ? Celle du quotidien, bien sûr ! Vous savez, cette légèreté du cœur que l'on ressent, dans notre pays où la liberté est une valeur cardinale ; dans nos administrations, où toute tracasserie se règle en deux minutes grâce à des fonctionnaires compétents et travailleurs ; dans les rues, où nos jeunes filles, à une heure du matin, rentrent en mini-jupe, légèrement pompettes, en riant aux éclats ; dans les banlieues, bien desservies par les pompiers et les bus, peuplées d'ardents patriotes français, et même de Français ardents patriotes... Cette insouciance que l'on perçoit aussi quand, en faisant son marché, on n'a pas besoin de soldats en gilets pare-balles pour éviter de se faire égorger par des terroristes.
