Dans le cadre de la nouvelle loi de programmation militaire, actuellement à l'étude, il n'y a pas que les canons qui manquent.
Le ministère des Armées, sous l'énergique impulsion du général Thierry Burkhard, a fini par se rendre compte que, dans une guerre de masse comme celles qui se profilent à l'horizon, il fallait de la masse. Au fond, le général de Villiers ne disait pas autre chose dans son récent entretien au Figaro. Il est donc question, en liaison avec les entreprises françaises, de permettre à qui le voudra de donner de son temps au service de son pays. Les exemples, cités notamment par BFMTV, ne manquent pas, pour démontrer l'intérêt de cette fructueuse coopération. Ainsi de ce réserviste envoyé en opex au Sahel, chef d'une entreprise informatique dans le civil, spécialiste du cyber pour le succès des armes de la France.
Il n'y aurait pas grand-chose d'autre à faire que rendre grâces au ministère d'avoir compris que la victoire passerait nécessairement par une mobilisation générale...si plusieurs points ne risquaient de gripper les rouages de la machine. D'abord, les entreprises seront-elles favorables à cet emploi de leurs salariés ? Si Geoffroy Roux de Bézieux, qui fit son service dans les commandos marine et reste lié au monde de la défense, devrait, en tant que patron du MEDEF, appuyer ce projet, il faudra cependant trouver de l'argent pour inciter les patrons à retrouver la fibre patriotique. Qui plus est, le fait que le ministre Lecornu évoque la possibilité, pour des « réservistes clandestins », de ne pas mentionner leur engagement et de ne servir que pendant les week-ends et les vacances, montre que la réserve militaire n'est pas nécessairement perçue comme un plus sur un CV.
