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vendredi 21 juin 2024

mercredi 23 août 2023

«Les Américains sont le problème de tout le monde»


par Recent Reliable News

La plupart des pays du monde se sont rangés du côté de la Russie, tandis que les États-Unis sont devenus un pays paria. C’est l’avis de la France à la veille de la réunion des BRICS.

À Johannesburg, on achève les préparatifs du sommet des BRICS, qui débutera demain, le 22 août, tandis que l’UE fait le point sur la politique pro-américaine des autorités actuelles.

La propagande occidentale tente de persuader les gens que le monde entier est solidaire de Washington et de Kiev, mais en réalité, Moscou a rassemblé beaucoup plus de partisans autour d’elle. Comment l’Europe a-t-elle perdu l’Afrique et pourquoi le soutien à l’Ukraine divise-t-il l’Occident ? Le contre-amiral français à la retraite Claude Gaucherand a raconté sur cela à RRN dans une interview exclusive.

Claude Gaucherand avec son livre «Article 13»
Quels sont les dangers de l’américano-centrisme

«Le problème français, c’est d’abord sa concurrence américaine. Les Américains et la France on dit toujours «nos amis américains» mais ce ne sont pas nos amis. Je citerai une phrase de Mitterrand en 1994 : «La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, ils sont très durs, les Américains. Ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue mais permanente. Une guerre économique sans morts apparemment, et pourtant une guerre à mort»», estime le contre-amiral. 

Mais les États-Unis eux-mêmes, selon Gaucherand, «par leur tendance à agir de manière unilatérale et sans respect pour les préoccupations des autres, sont devenus un État voyou».

mardi 20 juin 2023

Le monde est dirigé par ceux qui contrôlent la monnaie


 

Il y a près de deux siècles, après les premières révolutions industrielles et politiques du 18ème siècle, la politique a cédé la place à la finance. 

La plupart des gens n’ont pas vu ce bouleversement profond qui faisait changer de main le pouvoir réel tout en gardant la même apparence des choses.

La première manifestation en France ne fut apparemment pas couronnée de succès, et l’aventure de l’Ecossais John Law, devenu le financier de Louis XV, se termina mal. Pourtant, elle préfigurait le monde financier tel que nous le vivons aujourd’hui.


Le contrôle de la monnaie est la marque du pouvoir

On parle beaucoup (et souvent à tort) de souveraineté, mais on la définit rarement par ses attributs, c’est à dire ce qu’elle procure par son exercice. Pourtant, il y en a un qui est fondamental, c’est celui de « battre monnaie ». Les colons américains, qui s’étaient vu déposséder de ce droit par l’interdiction de la Banque d’Angleterre d’émettre leurs « locals scripts » eurent à cœur de le graver dans le marbre de leur Constitution, en le mettant dans l’article premier de cette dernière.

Toute l’histoire des États-Unis est empreinte de cette lutte pour le contrôle de la monnaie américaine qui a opposé les banquiers anglo-saxons qui dirigeaient la Banque d’Angleterre et les présidents dits « Jeffersonniens » qui voulaient défendre le principe constitutionnel.

Le Federal Reserve Act, adopté sans majorité par le Congrès en décembre 1913 a consacré la victoire des banquiers.

Du dollar monnaie domestique au dollar international.

Reprenant l’idée de faire, au début du 20 ème siècle, de la Livre sterling la monnaie du commerce mondial, la finance américaine a voulu faire du dollar le remplaçant de la livre. L’argument majeur avancé lors des discussions de Bretton Woods en 1944 était que le dollar était convertible en or, ce qui lui donnait une stabilité que ne possédait aucune des autres monnaies proposées, qui étaient toutes, y compris la livre, devenues « fiduciaires ». Cela permettait de les émettre d’une façon spéculative et sans limite, provoquant des dévaluations parfois hors de tout contrôle.

Le dollar fut donc choisi et la première étape des banquiers devenus internationaux était accomplie.

La seconde étape fut la déconnection de l’or et du dollar en août 1971, et elle était essentielle pour le futur.

Le développement du commerce international, qui était le corollaire du développement des capacités de transport nécessitait une quantité de monnaie en circulation de plus en plus grande.

L’émission des dollars, privilège devenu exclusif de la FED, se faisait en contrepartie de bons du trésor américain (US bonds), donc analogues une reconnaissance de dette. Ces dollars, purement américains, s’internationalisaient par les importations américaines et quittaient le territoire US.

Le « coup de génie » fût l’augmentation massive du prix du pétrole en 1973, moins de 18 mois après l’abandon de l’or, qui passa de 3 à 12 dollars en moins d’un an. Les « pétrodollars » ont ainsi permis d’exporter les dettes américaines qui étaient créées massivement pour le commerce du pétrole. C’était un âge d’or pour ceux qui contrôlaient la monnaie américaine (les propriétaires de la FED) qui imprimaient ces monceaux de dollars tout en faisant payer les dettes par les autres pays.

Lorsqu’on exploite un tel filon, on n’a aucune envie d’y renoncer.

Vers la fin du monopole du dollar?

L’instabilité du dollar, s’étant manifestée après sa décorrélation de l’or, provoqua des crises financières à répétition. Petit à petit, toutes les « digues anti-crises » mises en place après la grande crise de 29 et considérées comme des freins aux gains potentiels énormes, finirent par sauter.