Ce 5 juin, Pascal Praud évoquait, dans son émission matinale L’Heure des pros, le débat des « petits » candidats diffusé ce 4 juin, sur France 2, en deuxième partie de soirée, rassemblant huit têtes de liste que les réseaux sociaux qualifient de « seconds couteaux ».
« On aurait dû ne retransmettre que les petits candidats, estime Pascal Praud, séduit. Car je vous assure, Asselineau, Lassalle, on en pense ce qu’on veut, mais il y a quelque chose d’original et de très intéressant, justement, à écouter. »
Pas faux. Les antennes du service audiovisuel public diffusent là un air inédit, très loin du macronisme béat, du « LFisme » pour les nuls et du mondialisme bêtassou habituels. Sous les projecteurs de France Télévisions, tard le soir, s’expriment sans doute les porte-parole de ces 50 % de Français qui ne se déplaceront pas aux urnes. Il y en a pour tous les goûts. De l’extrême gauche de Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), revenue du diable Vauvert, aux très solides Frexiters Florian Philippot (Les Patriotes) et François Asselineau (UPF), tous deux énarques, en passant par l’écolo centriste Jean-Marc Governatori, l’inénarrable berger Jean Lassalle (L’Alliance rurale) ou Hélène Thouy (Parti animaliste), aussi sensible au sort des animaux qu'indifférente voire franchement hostile aux éleveurs français.
« Renverser cette société capitaliste »
Robinets d’eau tiède, s’abstenir. Tiré au sort, Asselineau ouvre le bal : « Tout ce que je dis depuis 17 ans s’est révélé exact », commence le patron de l’UPR. Il propose « la libération de l’UE », qualifiée de « dictature antisociale », la « libération de l’euro », qui nous ruine et provoque un endettement croissant, et la sortie de l’OTAN. Au moins, c’est clair. Mêmes thématiques et convictions proches du côté de Philippot, à tel point qu’on se demande pourquoi ils ne font pas liste commune.
Pour éviter la Troisième Guerre mondiale qui vient, l’ancien lieutenant de Marine Le Pen veut quitter l’UE et l’OTAN. Asselineau et Philippot exploitent, sans prendre de moufles, le terrain abandonné par le RN.
À gauche, c’est plus folklo. Le centriste vert Jean-Marc Governatori en a contre Marie Toussaint, la candidate d’EELV, et contre Sandrine Rousseau, sans que l’on comprenne très bien pourquoi, mais son animosité est communicative. Pour Pierre Larrouturou (Changer l’Europe), la France fait du… « dumping fiscal », Macron et Le Maire ont donc la main molle sur les impôts ! Lui a trouvé un moyen de ramener 57 milliards d’euros de plus dans les caisses, rien qu’en taxant la spéculation… dans le pays le plus taxé de l’OCDE !