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samedi 4 novembre 2017

Annick Girardin fustige les professeurs fainéants de Saint-Martin

 
 
 
 



On peut imaginer le choc qu’ils ont subi et leur besoin de trouver un peu de réconfort ou de sécurité.

Annick Girardin, le ministre des Outre-mer, se dit « choquée » qu’une centaine d’enseignants, qui avaient quitté l’île de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy après l’ouragan Irma, ne soient pas de retour pour assurer la rentrée.
Éphémère ministre de la Fonction publique sous le mandat de François Hollande, elle semble se faire un devoir de rappeler à l’ordre ces fonctionnaires.
C’est un « abandon de poste », fustige-t-elle, réclamant des sanctions : elle plaidera dans ce sens auprès du ministre de l’Éducation nationale !
Cette méthode n’est-elle pas quelque peu expéditive ?
On comprend qu’après la catastrophe, alors que les îles étaient totalement détruites, sans eau, sans électricité, sans moyens de communication, des professeurs soient partis mettre leurs familles à l’abri en Guadeloupe, à la Martinique ou en métropole.
On peut imaginer le choc qu’ils ont subi et leur besoin de trouver un peu de réconfort ou de sécurité.
On comprend aussi qu’à quelques jours de la rentrée, Annick Girardin s’inquiète du retour de ces enseignants, même si c’est plutôt le rôle du rectorat et de l’inspection académique dont dépendent administrativement les territoires concernés.
Elle souhaite avant tout que ces îles ravagées reprennent une vie à peu près normale et que tous les enfants puissent reprendre le chemin de l’école.
Mais il existe, pour atteindre cet objectif, d’autres solutions que de les désigner publiquement à la vindicte populaire, en les accusant implicitement de fainéantise.
Les mauvaises langues ajouteraient qu’il est facile de donner des leçons de civisme quand on ne vient sur place que pendant quelques jours et qu’on rejoint ensuite son confort parisien.

vendredi 15 septembre 2017

Macron à Saint-Martin : le lit de camp et le seau d'eau, c'était faux !

 


JC RODES-POOL/SIPA
Publié le 15/09/17 à 13:59



Contrairement à ce que vous ont raconté les médias, Emmanuel Macron n'a pas fait sa toilette avec un seau d'eau de pluie ni dormi sur un lit de camp dans la caserne des gendarmes lors de sa visite à Saint-Martin après le passage de l'ouragan Irma.

Selon "Libération", l'entourage du président s'est élevé contre cette restitution "caricaturale" du voyage du président.
"On m’a demandé où dormait le président, j’ai répondu qu’on lui avait fait une place à la gendarmerie", explique l’une de ses collaboratrices.
C'est elle qui a choisi l’endroit où Macron a passé la nuit : un vrai lit, dans la maison qu’un gendarme avait libéré pour l'occasion. 
L'affaire du lit de camp avait été diffusée par RTL.
Le journaliste présent à Saint-Martin qui s'en est fait l'écho et a été repris en boucle, maintient dans "Libération" que l’entourage de Macron a bien souligné le caractère sommaire de l’hébergement présidentiel.
Et qu'il a bel et bien été question de "lit de camp".
source

mercredi 13 septembre 2017

Évacuation des Américains de Saint-Martin par l’armée US



Évacuation des Américains de Saint-Martin par l’armée US
 
 
par | 13 Sep 2017 |
 
Très rapidement, l’armée américaine a organisé un pont aérien pour évacuer ses ressortissants.

Bon, histoire de tordre le cou à toute idée “de rumeur”, la photo ci-dessous provient d’une source assez sûre, puisqu’il s’agit du site de l’équivalent du ministère de la Défense américain…
Pour résumer, on évacue les Américains, et l’État laisse ses ressortissants français moisir tranquillement sans eau, sans sécurité et sans un minimum d’aide.
Il y a les beaux discours.
Il y a surtout la réalité.

Charles SANNAT

Source Defense.gov ici

Saint-Martin : Le gouvernement dénonce les critiques et affirme avoir été « à la hauteur »

 

BREIZATAO – POLITIKEREZH (11/09/2017)
Posted by La Rédaction on 11th septembre 2017

Après l’abandon des populations de l’île de Saint-Martin par le gouvernement français – notamment illustrée par la fuite de la sous-préfète Anne Laubiès -, celui-ci a assuré avoir géré la situation d’une manière irréprochable.

Les ministres se sont lavés les mains de leurs responsabilités.
 
L’état français « à la hauteur »

La ministre des outre-mer, Annick Girardin, a assuré que l’État Français avait été « à la hauteur », gouvernement en tête.
« Jamais je ne laisserai dire que les services de l’État, que les services de la collectivité territoriale n’auraient pas été à la hauteur. (…)
Chacun ici a fait tout ce qu’il avait à faire », a martelé Mme Girardin lors d’une conférence de presse à Saint-Martin.
Problème : nul ne critique les secours récemment arrivés sur place, mais bien l’abandon complet par le gouvernement français des populations avant l’arrivée de l’ouragan.
Aucun plan d’évacuation n’a été mis en œuvre ni de militaires prépositionnés.
Les compagnies aériennes françaises se sont même livrées à une spéculation sur le prix des billets avant l’arrivée de l’ouragan alors que leurs homologues étrangères baissaient massivement les prix pour faciliter l’évacuation de leurs ressortissants.
 
Censure de guerre

lundi 11 septembre 2017

La vérité sur ce qui se passe à St-Martin



Les renforts à leur arrivée à St-Martin (photo RCI)
 
Les renforts à leur arrivée à St-Martin (photo RCI)
    
J'ai longtemps hésité. J'avoue que je ne savais pas quel bout aborder le drame qui se joue actuellement à Saint-Martin.

Comme vous sans doute, j'ai été submergé de "témoignages" en provenance de l'ile.
Mais je sais que Facebook, et les réseaux sociaux d'une façon générale, sont le support idéal pour la propagation de fausses rumeurs.
Et il ne m'a pas échappé que la plupart de ces "témoignages" provenaient de personnes résidant en France affirmant avoir été informées par des amis sinistrés.

Tandis que les vidéos réalisées sur place, comme le prouvait le décor apocalyptique dans lequel elles avaient été tournées, faisaient certes état de désastres, de pillages, mais dans des conditions bien moins catastrophiques que ce que l'on entendait par ailleurs.
En tous les cas, à aucun moment je n'ai entendu ces vrais sinistrés évoquer "plus de 1.000 morts" comme on a pu l'entendre par ailleurs, ou les massacres d'habitants chez eux à coups de machettes, ou encore les cadavres qui apparaissaient avec la marée.

D'un autre côté, une telle avalanche de témoignages ne pouvait laisser indifférent.

Dans le doute, j'avais préféré ne rien écrire.
Jusqu'à ce que je tombe sur un article de Radio Caraïbes International (RCI).
On ne peut mettre en doute le sérieux de cette radio, qui est n°1 aux Antilles.
Et l'article intitulé "Saint-Martin : la vérité sur l’insécurité depuis le passage d’Irma " rétablit un certain nombre de vérités.

Plutôt que de le réécrire en le déformant, je me permets ici, exceptionnellement, de vous le retranscrire dans son intégralité.
J'espère que mes confrères de RCI ne m'en voudront pas.

Saint Martin après l'ouragan Irma, témoignage de Christelle G.

 
 

 
Ajoutée le 11 sept. 2017
 
Un témoignage d'une habitante de Saint-Martin, Christelle, après l'ouragan Irma.

Elle se plaint de censure sur Facebook, décrit la situation qu'elle vit, donne des coordonnées pour faire des dons.
Vidéo reprise de Facebook.
Elle demande de partager son témoignage au maximum, je me permet donc de le mettre sur Youtube.

https://www.facebook.com/Solidarit%C3%A9-SXM-via-Kris-171036323463438/

« Le cas Saint-Martin. Si tout s’effondre, vous serez seul. Désespérément seul ! » L’édito de Charles SANNAT

 
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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,
 
Vous avez sous les yeux l’incurie française, de ses “élites”, de ses “dirigeants”.
 
Selon nos mamamouchis, il faut “vivre avec le terrorisme”, il faut aussi “vivre avec les cyclones”, il faut vivre avec tout ce qui ne va pas.
Malheur à ceux qui oseront dire que le service après-vente est nul quand on achète un produit “État français”.
Oui, l’État est déficient, et ce que vous voyez à Saint-Martin n’est pas exclusivement le fait de ce gouvernement fut-il celui en exercice.
Ce qui se passe est la conséquence d’années de laxisme dans la totalité des domaines.
 
La sous-préfète en dessous de tout et dans tous ses états… de choc !
 
Alors tout part à vau-l’eau sur l’île de Saint-Martin, y compris la sous-préfète, exfiltrée [selon] certaines rumeurs, et officiellement en état de choc, car la “pauvrette” s’est un peu trouvée à l’étroit dans une pièce sombre de la Préfecture en pleine tourmente.
Elle a mal digéré l’ouragan, ce que l’on peut comprendre, mais la “pauvrette” n’est pas la seule.
Ils sont 35 000 Français à avoir eu de peur à très peur et en passant par toutes la palette de couleurs de la trouille.
Évidemment, de bonnes âmes vont me dire “vous n’y étiez pas, blablabla, la pauvre, quand même”… Arguments irrecevables.
Un préfet ou un sous-préfet incarne le pouvoir, l’autorité, et se doit d’être en mesure de prendre les décisions.
Il doit tenir la barre.
S’il en est incapable, il est démis sur le champ.
Il est une chose d’être un préfet Ferrero Rocher, et une autre d’être une “autorité”.
Manifestement, les autorités autorisées sont dans l’incapacité de décider, d’organiser et de structurer quoi que ce soit.
De nombreux pays ont évacué préventivement l’île.
Nous, rien.

L’ouragan Irma va-t-il souffler Macron?


 
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La polémique enfle sur la gestion de l’ouragan Irma.
 
De façon inattendue, Emmanuel Macron pourrait être mis en sérieuse difficulté sur un sujet régalien qui touche à l’empathie pour les victimes et à sa capacité à protéger les Français en cas de crise.

La polémique est un peu inattendue, mais elle enfle et, à l’image de l’ouragan qui lui en donne l’occasion, elle semble dotée d’un effet de souffle difficile à évaluer, mais manifestement très puissant.
Elle porte sur la capacité du gouvernement à gérer une crise climatique et sanitaire.
 
Irma vue d’Athènes

Premier petit problème: pendant qu’Irma dévastait nos possessions caribéennes, le chef de l’État pérorait sur la Pnyx à Athènes.
Inlassablement, le Président s’y est adonné à un exercice de prédilection: le discours grandiloquent qui le replace dans l’Histoire.
Le même discours rédigé dans un style sobre et moins poseur lui aurait probablement valu une moindre volée de bois vert.
Mais les préoccupations égotistes de M. Macron au moment où ses compatriotes souffraient de l’autre côté de l’océan ont consolidé la perception diffuse des Français, celle d’un Président autocentré et sans empathie pour ses concitoyens.
 
La catastrophe des fainéants

Avec la jubilation d’un enfant, Macron en a rajouté une couche le lendemain devant les Français expatriés à Athènes.
Il a glissé l’idée que les opposants aux ordonnances et plus généralement à ses réformes étaient des fainéants.
Un tel mot dit un vendredi depuis l’étranger (alors qu’il s’était engagé à ne pas évoquer la situation française hors du territoire) laissait libre cours à la langueur du week-end pour faire écho.
À quatre jours de la première manifestation contre les ordonnances, la sortie paraît maladroite.
Le Président prend-i la mesure des capacités de réaction de l’opinion?
Ou s’est-il laissé endormir par les courtisans dont il s’entoure, et qui lui expliquent que tout cela va passer comme une lettre à la poste?
 
Une guerre de rumeurs sur Irma

Et le Batral Dumont d’Urville quitta les Antilles deux mois avant l’ouragan…

 
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Défense
 
Face au désastre qui a frappé Saint-Martin et Saint-Barthélemy, on ne peut s’empêcher d’évoquer le départ de Martinique, il y a à peine plus de deux mois, du navire qui aurait été probablement le plus utile aujourd’hui.

Il s’agit du bâtiment de transport léger (Batral) Dumont d’Urville, qui a fait ses adieux à la base navale de Fort-de-France le 19 juin dernier et est arrivé à Brest le 24 juillet en vue d’y être désarmé.
Mis en service en 1983, le vénérable bateau était spécialement conçu pour la projection de troupes et de matériel dans les territoires ultramarins, avec une coque lui permettant de s’échouer sur une plage afin d’y débarquer hommes et véhicules.
Long de 80 mètres, équipé d’une grue pour la manutention de lourdes charges, de petits chalands de débarquement et d’une plateforme hélicoptère, le bâtiment était capable d’embarquer une cargaison de plusieurs centaines de tonnes, dont une douzaine de véhicules.
De plus, il effectuait régulièrement des exercices, appelés Cyclonex, dédiés précisément aux interventions en cas de cyclone, avec par conséquent une expertise qui disparait.
Les anciens Batral de la Marine nationale, dont le Dumont d’Urville était le dernier exemplaire encore opérationnel, offraient une capacité très précieuse dans le cadre d’opérations de débarquement et de soutien logistique outre-mer.
Mais elle a aussi, à de multiples reprises, été utilisée pour des missions humanitaires, y compris là où les infrastructures portuaires étaient inutilisables.
Après avoir passé le gros de sa carrière en Polynésie, le Dumont d’Urville, succédant à l’un de ses sisterships (le Francis Garnier) aux Antilles en 2010, a ainsi conduit plusieurs opérations d’assistance aux populations sinistrées par des catastrophes naturelles : en 1990 aux Samoa occidentales frappées par le cyclone Ofa puis en 1997 aux Iles-sous-le-Vent après le passage des cyclones Martin et Osea. Alors que le Francis Garnier était intervenu après le séisme ayant ravagé Haïti en 2010, le Dumont d'Urville y était retourné cinq fois avec du fret humanitaire en 2011, 2014 et 2017.
Pour succéder aux Batral, un autre type de bateau a vu le jour, le bâtiment multi-missions (B2M), issu d’un compromis intégrant la nécessité de disposer d’une plateforme plus adaptée aux longues patrouilles en mer.
Le nouveau modèle dispose d’importantes capacités logistiques, sans pouvoir, contrairement à son aîné, effectuer des manœuvres de plageage.

Irma : la France n’est pas à la hauteur

 

Le 11/09/2017


La prévision des dégâts matériels et des risques humains n’a manifestement pas été suffisante.

Elle n’a pas tenu compte de la situation réelle de l’île, vue de loin comme un paradis pour touristes aisés – ce qui est relativement vrai de Saint-Barthélemy.
La réalité, c’est que la population de Saint-Martin a crû de manière extrêmement rapide et en accentuant des disparités considérables.
En vingt ans, elle est passée de 25.000 habitants à 75.000.
La division du territoire entre les zones française et néerlandaise, sans véritable frontière, est un élément d’attractivité non seulement économique, mais aussi démographique, puisqu’elle facilite les situations illégales.
Le nombre des nationalités présentes dépasse la centaine.
Il s’agit notamment de migrants antillais, haïtiens en particulier.

Comme la Guyane ou Mayotte, Saint-Martin, est une porte ouverte à l’immigration clandestine et une usine à fabriquer des Français de papiers.

Le niveau de vie quasi européen est un aimant pour les ressortissants des Caraïbes.
La population du secteur français a donc rejoint et dépassé celle de la partie néerlandaise : de 8.000 à 38.000 pour la première, de 17.000 à 30.000 pour la seconde.
Cette évolution explique en partie la mauvaise qualité de l’habitat et son exposition, qui dénotent de la part des autorités tant locales que nationales une légèreté coupable.
Par ailleurs, Saint-Martin connaît un taux de chômage important – de l’ordre de 33 %.
Sa sociologie est donc comparable à celle des quartiers sensibles de la métropole, le soleil et le tourisme en plus.