Philippe Kerlouan
On peut imaginer le choc qu’ils ont subi et leur besoin de trouver un peu de réconfort ou de sécurité.
Annick Girardin, le ministre des Outre-mer, se dit « choquée » qu’une centaine d’enseignants, qui avaient quitté l’île de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy après l’ouragan Irma, ne soient pas de retour pour assurer la rentrée.
Éphémère ministre de la Fonction publique sous le mandat de François Hollande, elle semble se faire un devoir de rappeler à l’ordre ces fonctionnaires.
C’est un « abandon de poste », fustige-t-elle, réclamant des sanctions : elle plaidera dans ce sens auprès du ministre de l’Éducation nationale !
Cette méthode n’est-elle pas quelque peu expéditive ?
On comprend qu’après la catastrophe, alors que les îles étaient totalement détruites, sans eau, sans électricité, sans moyens de communication, des professeurs soient partis mettre leurs familles à l’abri en Guadeloupe, à la Martinique ou en métropole.
On peut imaginer le choc qu’ils ont subi et leur besoin de trouver un peu de réconfort ou de sécurité.
On comprend aussi qu’à quelques jours de la rentrée, Annick Girardin s’inquiète du retour de ces enseignants, même si c’est plutôt le rôle du rectorat et de l’inspection académique dont dépendent administrativement les territoires concernés.
Elle souhaite avant tout que ces îles ravagées reprennent une vie à peu près normale et que tous les enfants puissent reprendre le chemin de l’école.
Mais il existe, pour atteindre cet objectif, d’autres solutions que de les désigner publiquement à la vindicte populaire, en les accusant implicitement de fainéantise.
Les mauvaises langues ajouteraient qu’il est facile de donner des leçons de civisme quand on ne vient sur place que pendant quelques jours et qu’on rejoint ensuite son confort parisien.



