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vendredi 2 novembre 2018

#Pasdevague : « Cet enfant avait déjà frappé une collègue et menacé de crever les yeux d’une autre avec son compas… »

 
Une enseignante témoigne en exclusivité sur Boulevard Voltaire.
 

Sandra de Coster, la vidéo de ce professeur braqué dans un lycée de Créteil, et plus généralement le #PasdeVague, a réveillé en vous de douloureux souvenirs…
Pouvez-vous nous raconter ?

En effet, ma classe de CM1 a été victime des dérives d’un élève de huit ans et demi qui a blessé légèrement huit élèves par des jets de projectiles, a retourné sa table, m’a blessée sur ma main opérée et sur l’autre main (hématome). Je précise que, comme l’enseignante braquée, j’exerce dans le Val-de-Marne (à Choisy-le-Roi).
C’était un jour de grève, et j’étais seule au 2e étage. Malgré mon intervention et celle de deux collègues (venus des autres étages), cet élève restait insaisissable, incontrôlable, ingérable, impassible, déterminé, d’une violence inouïe pour son jeune âge, avec des propos très ciblés et préoccupants.
En pointant le doigt sur chaque élève, il hurlait qu’il allait revenir avec un couteau et prendre du plaisir à tous les tuer un par un en le plantant dans leur foie.
Il a tenté de se défenestrer – il menaçait de le faire depuis plusieurs jours -, encourageant un élève fragile à le suivre.
Il disait vouloir faire la couverture du Parisien et qu’il retrouverait le sourire une fois éparpillé au sol. Il a tenté de frapper sa maman avec sa tête avant de s’enfuir sur la route au milieu des véhicules.
Il a pu être maîtrisé par mon directeur grâce à une clé de bras.
Depuis le début de l’année, j’adressais quotidiennement des mails à mon directeur pour le faire réagir, j’avais convoqué les parents.
De plus – j’exerçais à mi-temps thérapeutique -, tous mes collègues étaient confrontés au harcèlement scolaire quotidien de cet élève sur ses camarades, il les frappait douloureusement et les humiliait.
Ce même enfant m’avait déjà retourné le poignet opéré, avait frappé une collègue et menacé de crever les yeux d’une autre collègue avec son compas.

Comment a réagi votre hiérarchie ?