Jean Kast 10 janvier 2024
«
Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console.
» La célèbre phrase attribuée à Talleyrand pourrait être la réflexion
de tout Français de passage en Belgique,
tant la situation y paraît catastrophique. On pensait détenir la palme,
notamment sur la question migratoire, mais le plat pays nous dépasse
encore d’une courte tête.
Sociologue et ancien chercheur à la KU Leuven, Jan Hertogen vient de publier, sur son site Web,
des fiches et des tableaux montrant l’évolution de la population dans
les 581 communes belges, ainsi que dans les différentes provinces et
régions. Il en ressort qu’en Flandre, 29,2 % de la population serait
issue de l’immigration. Selon lui, en Wallonie, ce pourcentage est de
38,3 % et à Bruxelles de 82,5 %. Des chiffres contestés par d’autres chercheurs et plus élevés que ceux de l’agence gouvernementale Statbel. « Cela s’explique
par le fait que Statbel ne comptabilise que les enfants d’étrangers
devenus belges, alors que j’englobe également les petits-enfants,
explique Jan Hertogen dans la presse belge. Si vous ne faites pas cela,
les pourcentages vont baisser dans un avenir proche et ne refléteront
plus la réalité. »
Le Grand Remplacement n’existe pas et il est formidableMais selon le sociologue, ces chiffres sont à manipuler avec une
extrême précaution. Il ne faudrait surtout pas qu’ils soient récupérés
par la droite nationaliste flamande, dirigée par le député Filip
Dewinter, et servent à attester le remplacement de population en cours. « C’est totalement faux, s’emporte l’expert. Dewinter
cite en effet très volontiers mes chiffres dans son livre sur le Grand
Remplacement, mais il les utilise à mauvais escient pour étayer ses
élucubrations racistes. […] C’est un non-sens et des conneries. »
Pour Jan Hertogen, le bouleversement démographique que connaissent
l’Europe en général et la Belgique en particulier n’a rien de très
inquiétant. « Au rythme actuel, les musulmans ne seront majoritaires dans notre capitale que dans 100 ans », estime-t-il. Pas de quoi s’inquiéter, donc. «
Il s’agit d’une évolution démographique parfaitement normale. Une
évolution qui nous a procuré en grande partie des avantages. La
migration n’est pas le problème, c’est juste une solution. »