© Christian Hartmann Source: Reuters
Didier Lallement lors de la cérémonie d'inauguration de son poste le 21 mars 2019 à Paris.
10 mai 2019
Anne Hidalgo et le recteur de Notre-Dame de Paris se seraient déjà accrochés avec lui et de nombreuses sources préfectorales et ministérielles ont décrit anonymement dans la presse la férocité de Didier Lallement, allant jusqu'à le comparer à Fouché.
A 62 ans et avec des états de service jugés impeccables en tant que préfet de l’Aisne, de la Saône-et-Loire, du Calvados, puis de Gironde, Didier Lallement a laissé sa préfecture bordelaise pour venir remplacer l'ancien préfet de police de Paris
Michel Delpuech, tombé en disgrâce après l'affaire Benalla et surtout les débordements du 16 mars sur les Champs-Elysées en marge d'un rassemblement de Gilets jaunes.
La nouvelle est tombée dès le 18 mars.
Sa réputation précède Didier Lallement qui, paraît-il, se plaît à jouer de son aura d'«Iron man» tel qu'il serait surnommé, selon un article paru dans
L'Obs, le 7 mai.
Le jour de son arrivée à la préfecture de Gironde, il aurait ainsi annoncé :
«Vous pensez connaître ma réputation ? Elle est en deçà de la réalité.»
Dans un article de
Libération publié le 23 mars, lors de sa prise de fonction, le quotidien avait décrit un homme autoritaire venu du «chevènementisme» qui n'aurait pas laissé dans son sillage que des souvenirs inspirant les dithyrambes : «C’est un préfet fou furieux, il a les dents qui rayent le parquet depuis toujours.
En 2012, il voulait déjà avoir la mainmise sur la police et la gendarmerie à l’époque où il était secrétaire général du ministère de l’Intérieur [sous Manuel Valls].
Il a toujours voulu faire de la police opérationnelle, jusque-là il était tenu à l’écart avec une perche», confiait ainsi un ancien directeur central de la sécurité publique.
D'autres sources anonymes croisées par le quotidien livraient leur sentiment à l'égard de Didier Lallement qui confirmaient la réputation de sévérité et d'intransigeance de l'homme : «Il est très cassant avec les gens, très blessant. On n’avait jamais vu ça. Il est froid dans son management, mais assume totalement. Avec lui, c’est la politique de la terreur. Il ne respecte que ceux qui, de temps à autre, osent lui tenir tête.»