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dimanche 1 janvier 2023

Grand Est : la reconversion très controversée du président LR Jean Rottner


 

Frédéric Sirgant 31 décembre 2022

Il y a une dizaine de jours, le président LR de la région Grand Est annonçait qu'il démissionnait pour des « impératifs familiaux »

Naïvement, on hésitait entre le respect, l'admiration voire la compassion : on imaginait le grand notable affrontant une maladie, se consacrant à sa famille, que sais-je.

Et puis, ce vendredi, on apprend que les impératifs familiaux n'étaient que le joli ruban d'un très joli cadeau pour lequel l'élu a abandonné une présidence de région. Pour ce médecin urgentiste de formation, ce sera toujours le Grand Est, toujours à un poste de dirigeant, mais dans un grand groupe immobilier privé ! La société si bien nommée Réalités l'a en effet annoncé ce vendredi sur son site Internet : « Le groupe Réalités annonce l’ouverture à l’été 2023 de sa direction régionale Grand Est. Elle sera dirigée par Jean Rottner, qui, après avoir quitté la vie publique, rejoint l’aventure entrepreneuriale. » Évidemment, un couplet sur les valeurs communes entre le groupe et le nouveau recruté enrobe ce que d'aucuns nomment déjà un pantouflage : des « valeurs fortes telles que l'humanisme, l'exigence, l'optimisme ». Prière de ne pas rire.

En effet, ce qui fait réagir des élus de tous bords (sauf LR, pour le moment), c'est bien évidemment le risque de conflit d'intérêts.

Pour Éliane Romani, chef du groupe écologiste citée par Le Monde, M. Rottner « utilise le réseau qu’il a acquis dans ses fonctions publiques pour aller servir une organisation privée qui a des rapports avec les collectivités, c’est une définition du pantouflage ». Pour le macroniste Christophe Choserot, « il part avec une quantité de données territoriales importantes. Qui est mieux placé qu’un président de région pour faire du conseil et de l’accompagnement territorial ? Peut-être qu’un jour en tant que maire je vais le recevoir pour tel ou tel projet, c’est troublant. » Même la HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique) a été gênée aux entournures et a rendu, en septembre, un avis « compatible avec réserves »

Et Laurent Jacobelli, chef du groupe RN au conseil régional, dénonce un véritable « scandale » puisque les choses étaient faites depuis six mois :

samedi 13 avril 2019

Limogé, le préfet Delpuech intègre le Conseil d’État : comme la République est bonne !

 
 

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On s’inquiétait du sort de Michel Delpuech, le préfet de police de Paris limogé le 20 mars dernier après l’acte XVIII des gilets jaunes, marqué par des violences sur les Champs-Élysées et leurs abords.

 Nous voici donc rassurés : par décret du président de la République en date du 10 avril, Michel Delpuech vient d’être nommé conseiller d’État en service extraordinaire.

Âgé de 66 ans depuis le 13 février dernier, on aurait pu imaginer qu’il soit invité à faire valoir ses droits à la retraite pour aller cultiver son jardin, écrire ses mémoires ou faire du sudoku devant son écran plat.
Mais le service de l’État est plus fort que tout.
Et puis, ne faut-il pas que l’exemple vienne du haut ?
Régulièrement, un ministre est préposé aux matinales pour expliquer aux Français qu’il va falloir travailler plus longtemps, rapport à l’entrée de plus en plus tardive dans la vie active et à l’allongement de la vie.
En plus, on imagine bien que faire conseiller d’État en service extraordinaire doit être autrement plus harassant que de s’occuper de chiards dans une école élémentaire, vider les tinettes à l’hospice ou faire les trois huit.
Moins fatigant, certes, que préfet de police avec Castaner au bout du fil toutes les cinq minutes, nuit et jour, même – surtout ! – le week-end, mais quand même…
Donc, effectivement, on peut voir ça comme ça et saluer le geste.
Évidemment, les esprits tordus peuvent voir la chose autrement.