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jeudi 23 juin 2022

Une union nationale… pour sauver le soldat Macron ?


 
 
 
 Georges Michel 22 juin 2022

La semaine dernière, entre les deux tours des élections législatives, Emmanuel Macron lançait l’idée d’un « Conseil national de la Refondation », allusion plus que lourdingue au Conseil national de la Résistance, fondé par le général de Gaulle durant la Seconde Guerre mondiale et dont le programme en matière sociale est la référence absolue jusqu’à ce jour, en oubliant que le très honni régime de Vichy n’était pas resté les bras croisés en ce domaine. 

Pour cause de défaite – ou de victoire – relative de la majorité présidentielle à ces législatives, la réunion qui devait se tenir ce mercredi 22 juin a été reportée sine die.

Exit donc le CNR mais voici que l’idée de « gouvernement d’union nationale » vient de sortir du chapeau du magicien de l’Elysée. La dernière fois que la France a connu un gouvernement d’union nationale, c’était durant l’hiver 1945-1946. On était au sortir de la guerre et il fallait reconstruire la France. Dans ce gouvernement, présidé par le général de Gaulle, on trouvait des socialistes comme Vincent Auriol, des « divers droite », des MRP (démocrates chrétiens) comme Georges Bidault, un rescapé du Parti radical, des « sans étiquette », comme André Malraux et… des communistes (cinq), dont Maurice Thorez, secrétaire général du PCF qui venait de passer cinq ans en exil en URSS.

Et ce n’est sans doute pas un hasard si, mardi, à l’occasion des consultations par Emmanuel Macron des leaders politiques ayant vocation à constituer un groupe à l’Assemblée nationale, Fabien Roussel, secrétaire général du PCF, s’est empressé, à sa sortie de l’Elysée, de relater que le Président « envisageait » la constitution d’un « gouvernement d’union nationale ». L’occasion est trop belle de revenir dans le jeu politique pour un parti dont le leader, rappelons-le, n’a obtenu que 2,28% des suffrages exprimés à l’élection présidentielle (un peu plus de 800.000 voix, soit 300.000 voix de moins que Jean Lassalle, histoire de remettre les choses en place) mais qui réussit à tirer son épingle du jeu avec 12 députés élus.

dimanche 19 juin 2022

Législatives : la crise de régime commence et on va bien s’amuser


parÉric Verhaeghe
19 juin 2022

Comme nous l'avions annoncé il y a dix jours, Emmanuel Macron ne disposera que d'une majorité relative à l'Assemblée Nationale, qui l'obligera à de nombreuses contorsions pour gouverner. 
 
Dans les mois, et peut-être même les semaines qui viennent, ce Président vertical, si peu habitué au compromis politique, devrait connaître de sérieuses difficultés institutionnelles. Nous faisons le pari d'un pourrissement rapide de la Vè République, qui se terminera par une rupture systémique et un passage (probablement lent et douloureux) vers une autre forme de démocratie. L'actualité va nous régaler !
 

Tout ne se passe pas comme sur des roulettes pour le deuxième mandat d’Emmanuel Macron.

Nous avions annoncé il y a 10 jours que le Président n’obtiendrait qu’une majorité relative, ce qui déboucherait sur une crise de régime. La première moitié de la proposition est vérifiée aujourd’hui, et nous maintenons notre pronostic pour la deuxième partie : la Vè République n’en a plus pour longtemps, et toutes les options sont désormais ouvertes pour la suite.

La Vè République ne fonctionne plus…

Premier constat, en tout cas : De Gaulle avait inventé la Vè République pour éviter le parlementarisme de la IIIè et de la IVè Républiques. Sa constitution, avec son redoutable scrutin uninominal à deux tours aux législatives, devait éviter la paralysie des institutions et permettre de dégager des majorités robustes en tout temps. 

Visiblement, la recette ne fonctionne plus. Les législatives confirment que la majorité n’existe plus et qu’il faut désormais composer en mode IVè République.

Le naufrage du quinquennat chiraquien

On se souvient que Chirac avait introduit le quinquennat pour éviter les cohabitations. La règle était que les électeurs confirmeraient forcément aux législatives le choix opéré aux présidentielles. C’était la solution pour éviter la paralysie. 

Visiblement, cette vieille croyance-là a vécu. Macron a bien été réélu pour un deuxième mandat, mais sans dégager une majorité parlementaire. L’idéal chiraquien est mort. 

jeudi 10 juin 2021

Evènement « arrangé »


 

 par | 10 Juin 2021 |

Vous vous souvenez de l’histoire de l’auto-stop ?

Nous sommes en pleine campagne électorale pour la présidentielle de 2015.

Le problème d’Edouard Balladur premier ministre de l’époque c’est son manque de capacité à « faire peuple ». Alors qu’il se faisait passer pour le pire des aristo et snobinard par les Guignols de l’info de l’époque, Chirac, lui, semblait fort sympathique et beaucoup plus proche du peuple.

Il fallait donc combler le déficit d’image qu’avait Edouard Balladur.

Il fallait qu’il fasse peuple.

Il fallait qu’il fasse simple.

« Edouard Balladur fait de l’auto-stop. Le 25 mars 1995, le Premier ministre, alors en pleine campagne présidentielle et dont l’hélicoptère est, paraît-il, tombé en panne, monte dans la voiture d’une automobiliste qui passe là « par hasard » et l’emmène inaugurer un musée dans les Bouches-du-Rhône. Les Chiraquiens dénoncent un « coup de communication » de leur adversaire pour « faire peuple ». On apprendra plus tard que la providentielle conductrice n’est autre que la cousine de Georges Tron, un proche de Balladur ».

Georges Tron, oui, celui qui est actuellement en prison.

Ce qui est triste avec la réalité, c’est que la réalité est complotiste.

La politique aussi est complotiste.

Tous les neuneus qui hurlent au complotisme sont au mieux des naïfs, le plus souvent des idéologues qui tentent d’étouffer tout esprit critique ou toutes tentatives saines de doute.

Parfois, le complotisme ça arrive!

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source Le Parisien.fr ici

Gifle : quelle « ultra-violence » ?


 

Qui sème le mépris récolte une juste colère. 

Gifler le monarque est, certes, hautement symbolique, mais si l’altitude institutionnelle de la cible appelle une sanction proportionnée, la signification du geste est lourde de sens car elle signale que sa véritable hauteur, ressentie par le peuple, est réduite à néant.

Entre mise en scène permanente, arrogance et compassion simulée en alternance, et défaites en tous genres, du gouffre des déficits et de la dette à la montée de la violence, la « Macronie » apparaît pour ce qu’elle est, le pouvoir du microcosme, de cette oligarchie technocratique et mondaine qui entraîne la France dans une descente aux enfers sans fin. Alors le giflé, tentant de récupérer l’incident, se victimise en parlant d’« ultra-violence ».

Comme si une petite baffe qui exprime la révolte impuissante de celui qui se sent dupé depuis si longtemps par un système incarné par l’arrogance d’un homme était de l’ultra-violence. C’est même le contraire : la réaction face à celui qui parle de violence quand on s’attaque à sa personne mais laisse s’accroître la véritable violence, celle qui viole, qui blesse, qui tue directement ou non, par la kalach ou par la drogue, et n’hésite plus à agresser policiers, gendarmes et pompiers, celle qui terrorise dans les quartiers perdus de la République ces gens qui ne sont rien.

En 2020, malgré le confinement puis le couvre-feu, malgré la répression de ceux qui ne portaient pas ce masque, ce sont 187 nuits d’émeutes (plus d’un jour sur deux) qui ont émaillé la vie d’un pays. Les quartiers nord de sont perdus depuis longtemps. On s’habitue à la violence endémique dans certaines « cités » des grandes agglomérations, mais le mal se répand partout. Désormais, une immigration non maîtrisée a offert sa « chance », la présence de trafics et d’un virulent, jusqu’aux villes moyennes, à ces communes inscrites de manière immémoriale dans notre histoire et notre culture.

Récemment, dans la nuit du 5 au 6 juin, et ça fait « sens », car c’était dans l’Yonne, à Sens, moins de trente mille habitants, avec sa cathédrale où on sacrait nos rois avant , dans le quartier des Chaillots : un mat de vidéosurveillance scié, les caméras emportées, trois magasins pillés dont un spécialisé, justement, dans les systèmes de protection. Cela s’était déjà produit le 12 mars. Il n’y a finalement pas eu d’affrontements, aucun blessé et aucune interpellation. Mais le préfet de l’Yonne ose parler d’« une mobilisation totale des services de l’État » et le maire va jusqu’à évoquer « l’intervention audacieuse » de la sans laquelle « la situation aurait pu être plus grave ». En somme, courage fuyons !