C’est devenu une tradition, à l’approche d’élections importantes : tout gouvernement se souvient des harkis, honteusement abandonnés à la fin de la guerre d’Algérie, livrés aux représailles du FLN ou, quand ils ont pu se réfugier en métropole, parqués dans des camps.
Une tradition bien hypocrite, car il ne suffit pas de revaloriser leurs pensions ni de déclarer que la France « a manqué à ses devoirs envers les harkis, leurs femmes, leurs enfants », voire de demander pardon.
Encore faut-il ne pas s’abriter dans un confort intellectuel en ne désignant pas les coupables et en éludant sa propre responsabilité.
Emmanuel Macron est bien mal placé pour rendre hommage aux harkis, soixante ans après. Il a bien fait de retirer la plaque installée devant son micro, où était inscrit l’objet de cette cérémonie, car un hommage de sa part eût été indécent. Faut-il rappeler que, non content de traiter la colonisation de « crime contre l ‘humanité », de confier à Benjamin Stora, dont l’impartialité laisse à désirer, un rapport sur « les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie », il semble prendre un plaisir pervers à dénigrer l’action de la France et de l’armée en Algérie, ménageant, au contraire, les autorités algériennes devant lesquelles il se couche volontiers ?
Une gerbe tricolore aux « martyrs » du FLN, une loi de « reconnaissance et réparations » pour les #harkis. Sauf que ce sont les premiers qui ont assassiné les derniers. Comprenne qui pourra… pic.twitter.com/cqY77dotGm
— Gabrielle Cluzel (@gabriellecluzel) September 20, 2021
Dans son allocution de ce lundi matin, Macron a évoqué une histoire « grande et douloureuse » et a reconnu l’abandon ou l’accueil indigne des harkis, à la fin de la guerre d’Algérie.
