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lundi 18 septembre 2023

[Satire à vue] Fête de L’Huma 2023 : du Grand Soir au « pisse-debout »


 

Jany Leroy 17 septembre 2023 

C'est un cri d'alarme lancé par un groupe de jeunes communistes présents à la Fête de l'Humanité. 

Non, ça ne peut plus durer. Leur affiche met en lumière le nouveau combat des travailleurs et des travailleuses. La revendication claque comme un coup de semonce à la face du monde capitaliste : « Parce que pisser debout ne doit plus être un privilège de mec cisgenre. » Trotsky et Lénine n'osaient aborder cette oppression urinaire. Une association de militants progressistes a le courage de la dénoncer. La fin de la domination des classes verticales dans les toilettes est proche. L'accessoire qui mettra fin à cette hégémonie est en vente sur le stand. Georges Marchais l'eût brandie sur le plateau d'Antenne 2 face à Jean-Pierre Elkabbach. C'est l'entonnoir final. La dernière cartouche du PCF avant fermeture. Approchez, mesdames et mesdames, et voyez l'objet. Plastique translucide, bec verseur, à la portée de toutes les bourses. Devant les usines désaffectées et les entreprises en faillite, il épate les liquidateurs, impressionne les magnats du CAC 40.

Bouche bée devant ce Grand Soir de l'urinoir, les visiteurs se bousculent. Une envie pressante d'en finir avec les luttes qui contribuèrent à certaines avancées sociales les taraude.

vendredi 15 septembre 2023

[Tribune] Syndicat de la magistrature : 40 ans de scandale mais toujours débout


 

Pierre-Marie Sève 14 septembre 2023

Le Syndicat de la magistrature, qui représente environ un tiers des magistrats, sera présent à la Fête de l’Humanité, ce weekend, pour débattre des violences policières « en présence de députés et représentants de la NUPES », précise-t-il sur son tract.



Cette présence fait scandale à juste titre, mais n’est qu’un épisode de plus sur la longue liste des « affaires » du Syndicat de la magistrature, qui flirte depuis quarante ans avec la politique.

Des juges partiaux ?

« Soyez partiaux […] Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, l’ouvrier contre le patron, le voleur contre la police. » Ce sont ces mots, que l’on aurait pu retrouver dans la bouche de tout militant d’extrême gauche, qui ont accueilli les jeunes recrues de la magistrature en 1974. Leur auteur, Oswald Baudot, est substitut du procureur à Marseille et, surtout, membre du Syndicat de la magistrature. Cette exhortation est restée célèbre sous le nom de « harangue de Baudot » et résume tous les reproches qui sont faits au syndicat depuis ses débuts.

Sa création même, en juin 1968, posait déjà débat. Les juges peuvent-ils être syndiqués ? Jusqu’à présent, le consensus répondait « non ». Jusqu’à cette date, en effet, les juges ne se syndiquaient pas. Seule existait une « Union fédérale des magistrats », agissant à la manière des amicales de gendarmes.

En 1974, la même année qu’Oswald Baudot, un autre membre du Syndicat de la magistrature, Hubert Dujardin, passe sous le feu des projecteurs. Littéralement, puisque celui-ci, juge d’instruction à Lille, invite les journalistes du Nouvel Observateur dans son bureau, en violation totale du secret de l’instruction. Il donne des détails, des noms, mais malgré ce manquement déontologique avéré, il sera toujours soutenu par le déjà puissant syndicat.

Les quatorze années Mitterrand qui suivront seront des années fastes pour l’organisation. Omniprésente dans les cabinets ministériels, élue parmi les rangs de la majorité de gauche, écoutée et respectée par un garde des Sceaux comme Robert Badinter, son influence idéologique est claire dans le Code pénal de 1994, celui-ci étant d’ailleurs toujours en vigueur...

Mais les scandales ne font que commencer.

Scandales

En 2001, le syndicat publie un autre ouvrage idéologique, Vos papiers !. Le but de l’ouvrage ? Donner des astuces pour faire annuler les procédures des contrôles d’identité.