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vendredi 26 avril 2019

Tout ça pour ça, seriously ?

 
 
 
L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, intérieur
 

Plaisanterie mise à part, l’on peine à réaliser que plus de CINQ MOIS du plus grave conflit social et politique qu’ait traversé le pays depuis des décennies aient accouché de la chose à laquelle nous avons péniblement assisté hier soir.

Bricolage, mesurettes, absence de concret, entêtement à l’identique voire dans le pire, paroles creuses, comités Théodule en veux-tu en voilà.
Ceux qui avaient des doutes quant à l’utilité réelle du Grand Débat sont confirmés dans leur sentiment.

Les autres ont, au mieux, la fâcheuse impression d’avoir été pris pour des canards sauvages alors qu’ils sont tout de même des enfants du Bon Dieu.
À quelques jours du 1er Mai, cette prestation navrante, le vide qui l’habite mais aussi l’inflexible aveuglement dont ce vide est le symptôme, augurent d’une relance de la contestation sur fond d’une colère qu’il sera à présent, et après avoir attendu pour voir, très difficile de ne pas comprendre et partager.

Sans parler de l’immense gêne éprouvée face à ce moment obscène lorsque le chef de l’État a osé affirmer que Benalla n’avait pas été «protégé» et que tel était son regret dans cette affaire, alors que l’Élysee n’a cessé de maquiller les faits, mensonge après mensonge, pour précisément protéger l’individu et la Macronie dont ce-dernier n’est que le reflet révélé.
Ce point de la conférence de presse a dépassé tout simplement l’entendement même s’il résume dans le fond très bien la surdité et l’invraisemblable mauvaise foi de cet exécutif.

Je suis sincèrement consternée et, pour tout dire, très inquiète de ce que cette absence d’intelligence annonce pour l’avenir proche de notre pays.

Conférence de presse : Macron parle pour ne rien dire et joue les prolongations

 
 


À 18 h 04, Emmanuel Macron, devant trois cents journalistes, s’assied à son bureau, placé sur une estrade.

Pour une fois, il arrive presque à l’heure.

Son discours préliminaire doit durer, selon son entourage, une vingtaine de minutes.
Ensuite, place aux questions.
Mais le temps passe. Et quand, au bout de 56 minutes, il achève son exposé, on s’aperçoit qu’il n’a pratiquement rien dit qu’on ne savait déjà et qu’après de longues semaines de « grand débat », il joue les prolongations.
Notre Président commence par expliquer ce qu’il a appris de ce « grand débat » : sur l’injustice fiscale, territoriale, sociale, sur l’absence de confiance envers les élites, le sentiment d’abandon et le manque de considération qu’éprouvent beaucoup de Français.
Il a beaucoup réfléchi.
A-t-il fait fausse route ?
Non, répond-il, catégoriquement.
À bien des égards, les « fondamentaux » de son action étaient justes : ils doivent être poursuivis, fortifiés, accélérés.
Regardez, les résultats commencent à venir !
Il faut juste placer « l’homme » un peu plus « au cœur de notre projet », retrouver davantage « la maîtrise de notre destin » par le projet national et européen.
Il faut aussi demander à chacun « le meilleur de lui-même » et cultiver « l’art d’être Français ».
Que c’est beau ! Mais encore ?

lundi 3 juillet 2017

Macron terminera-t-il son mandat tout seul à s’écouter parler?

Le 03/07/2017

 
 
3 juillet 2017
 
Macron a prononcé son discours devant le Congrès à Versailles. Son texte a continué à énumérer les poncifs et les paroles creuses. S’est-il rendu compte qu’il n’était plus en campagne?
 
Incontestablement, le discours de Macron à Versailles creusera le fossé entre ceux qui n’en peuvent plus de sa rhétorique vide, et ceux qui s’en bercent.
Chacun a compris que l’auteur de ces lignes appartient à la première catégorie et que les soixante minutes de figures de style toute droit sorties de classe prépa Sciences-Po lui suscitent peu de sympathie.
Les autres modéreront à leur gré.
Pendant vingt-cinq minutes, nous avons d’abord reçu une leçon de morale nous appelant à la retenue. Nous, à qui fut volée l’élection présidentielle par une campagne de presse sous la ceinture qui visait à abattre deux candidats, nous devrions aujourd’hui fermé les yeux sur les affaires Ferrand, Bayrou, de Sarnez, Pénicaud…
Que ne l’avons-nous entendu lorsque la boue arrangeait bien le candidat Macron.
Au bout de vingt-cinq minutes, le Président a fait mine d’aborder les sujets qui fâchent, par exemple la lutte contre la prolifération administrative ou la réduction du nombre de parlementaires.
Il paraît que l’ensemble serait réduit d’un tiers (Assemblée, Sénat, CESE), « en veillant à la juste représentation de tous les territoires de la République ».
 Mais pourquoi cette annonce est-elle noyée dans autant de périphrases gluantes comme un miel au soleil?
 
Macron fixe le sens du quinquennat

Il paraît que tout cela s’appelle fixer le sens du quinquennat.
 Mais, si le sens du quinquennat est d’écouter les monologues d’un Président qui s’écoute lui-même, on risque de trouver rapidement l’exercice un peu absurde.