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vendredi 23 septembre 2022

La récession sera « longue et horrible » pour l’économiste Nouriel Roubini.



Récession “sévère, longue et horrible” et chute des actions de 40 % en vue selon l’économiste Nouriel Roubini qui est tout de même surnommé « Dr Doom » ( ou docteur Apocalypse en bon français) depuis qu’il a prédit avec justesse la crise financière de 2008… Alors mieux vaut l’écouter.

« Dans une nouvelle démonstration de pessimisme alarmiste, dans le cadre d’une interview accordée à Bloomberg hier, Roubini a déclaré prévoir une récession « longue et horrible » aux États-Unis et dans le monde à la fin de 2022, et potentiellement tout au long de l’année 2023.

« Même dans une récession ordinaire, le S&P 500 peut chuter de 30 % », a déclaré Roubini, précisant qu’en cas de « véritable atterrissage brutal », comme il le prévoit, le plongeon pourrait atteindre 40 % ».

Vous allez me dire mais d’où vient le pessimisme de Roubini ? Et vous aurez raison de vous poser cette question.

Sa réponse est assez simple. Pour lui « ramener l’inflation à 2 % sans atterrissage brutal de l’économie est une “mission impossible” pour la Fed, car il s’attend à ce que la persistance de l’inflation fera que la banque centrale n’aura « probablement pas d’autre choix « que de remonter les taux plus qu’elle ne le prévoit actuellement ».

Vu que nous sommes à 10 % d’inflation, et que casser l’inflation nécessite généralement des taux d’intérêt réels positifs, cela veut dire qu’il faudrait mettre les taux à 7 ou 8 % au minimum et encore, les taux réels seraient encore négatifs. Donc… si nous faisons cela ce sera effectivement « horrible ».

Horrible parce que tout le monde fera faillite ou presque. Roubini « a pointé du doigt les ratios d’endettement élevés des entreprises et des gouvernements. Or, la rapide hausse des taux implique que le coût de la dette s’accroît, et que de ce fait, « de nombreuses institutions zombies, ménages zombies, entreprises, banques, banques fantômes et pays zombies vont mourir », a-t-il déclaré.

jeudi 18 novembre 2021

« L’Europe est-elle en train de perdre son approvisionnement en gaz ? » L’édito de Charles SANNAT


Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Javier Blas est l’un des plus grands spécialistes du secteur de l’énergie chez Bloomberg, et j’aime bien suivre ce qu’il peut dire, voir, ou raconter.

Voici ce qu’il a tweeté hier, le 17 novembre comme message :

« Un jour, l’Algérie arrête le gazoduc via le Maroc vers l’Espagne. Un autre jour, l’Allemagne dit qu’elle a besoin de plus de temps pour approuver le gazoduc Nord Stream 2. Et un autre jour la Biélorussie arrête temporairement l’oléoduc Druzhba de la Russie vers l’Europe. Le tout spontanément; aucun politique impliqué « ,


En gros et malgré ma traduction bien imparfaite ce qu’il faut comprendre c’est que pour Javier Blas, l’Europe fait face à une opération concertée pour lui couper le gaz ou raréfier son approvisionnement ou encore le fragiliser.

Mais quel rapport me direz-vous entre l’Allemagne, la Biélorussie et l’Algérie ?

Pas simple à voir, car les relations géopolitiques mondiales sont toujours des billards à trois bandes.

Les intérêts sont différents, mais ils convergent tous vers moins de gaz pour l’Europe.

La Biélorussie fait son chantage aux migrants et à l’aide européenne comme la Turquie avait pu le faire négociant un énorme chèque au passage. Alors pourquoi ne pas couper un peu le gaz en plein hiver ? Cela donnera de quoi penser aux Européens, surtout si on leur rajoute quelques milliers de migrants à la frontièr¹e polonaise.

L’Algérie est fâchée un peu beaucoup contre Paris de façon assez génétique et historique. Contre le Maroc, le torchon brûle. En coupant le gaz à Rabat on le coupe aussi à l’Espagne. Pas grave. Tant pis pour l’Espagne !