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jeudi 2 mai 2024

Émeutes : les assureurs ne paieront plus, ils refusent d’assurer les villes sinistrées !

EMEUTES STATES 
 

 

Le 11 octobre dernier, Marie-Camille Le Conte s’interrogeait ici même : « Trois mois après les émeutes : qui payera la facture ? » 

Bruno Le Maire avait déjà apporté la réponse : tandis que le président de la République pointait du doigt les écrans et le désœuvrement, le ministre des Finances déclarait avoir « demandé aux assureurs de faire preuve de la plus grande simplicité dans le traitement des procédures [...] et de réduire au maximum les franchises ».

La facture révisée à la hausse

Florence Lustman, présidente de la Fédération des assureurs, chiffrait alors les dégâts à 730 millions d’euros. Ils ont, depuis, été revus à la hausse. Rappelons, ainsi, les conclusions de l’enquête du Sénat, rendues le 11 avril : « Le coût des émeutes qui ont touché tout le territoire l’été dernier est estimé à 793 millions d’euros, selon France Assureurs. Mais en raison notamment de la non-déclaration d’une partie des sinistres, la commission d’enquête du Sénat sur ces événements estime ce coût autour d’un milliard d’euros. 2.500 bâtiments ont été touchés et plus de 12.000 véhicules ont été incendiés. »

Alors les assureurs ont payé, oui, mais ils ne paieront plus.

Des contrats d'assurance qui se raréfient

En novembre, c’est La Gazette des communes qui alertait : « Cinq mois après les émeutes qui ont suivi la mort du jeune Nahel, la signature de contrats n’a jamais été si onéreuse et complexe pour beaucoup de maires. » « Les assureurs candidats se raréfient fortement, et lorsque les marchés sont en cours, les collectivités font face à des demandes d’avenants avec augmentation des primes, franchises voire à des résiliations sèches », témoignait alors un chef du service assurances d’une grande collectivité.