
Nos ancêtres ont connu la « ligne bleue des Vosges »… qu’il fallut dépasser au prix du sang.
Aujourd’hui, Vladimir Poutine met en garde ses rivaux étrangers de ne pas « franchir de ligne rouge » avec la Russie. Ce n’est pas un relent de bolchevisme rouge mais un avertissement loyal et un appel à leur bon sens. Mais en ont-ils ?
Et le président russe de souligner, mercredi dernier, dans son discours à la nation, que « nous nous comportons dans l’ensemble avec retenue et de manière modeste, souvent ne répondant même pas aux actions inamicales voire même à des grossièretés flagrantes », avec sans doute une pensée pour son nouvel homologue américain qui l’a traité, naguère, de « tueur » et pour les lilliputiens de l’Union européenne dont il attend encore, en bon Moscovite pratique, qu’ils lui donnent leur nombre de divisions blindées !
Les espaces mouvants qui fracturent le nouveau monde géostratégique n’ont rien de rassurant. Toujours poussés au piège de Thucydide par le jeu de go chinois conforme au vieux principe politique selon lequel « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », les États-Unis semblent multiplier les erreurs par un aveuglement idéologique d’un autre temps : celui de la guerre froide (1945-1991). Brutalité diplomatique de l’administration Biden qui force la Russie à se rapprocher d’une Chine qui vient juste de se rallier l’Iran.
La rivalité actuelle des superpuissances n’est en rien celle du passé. Tout en regrettant que la Russie du début du XXIe siècle ne soit plus que l’ombre de l’Union soviétique – avec une économie à peu près équivalente à celle de l’Italie –, Poutine peut compter sur le combat sino-américain pour l’hégémonie mondiale pour peser dans la balance stratégique. Avec des atouts technologiques majeurs !
La Russie mettrait au point des « armes de rupture » qui deviendraient vite imparables. Quèsaco ?