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dimanche 10 juillet 2022

Lettre à Christian Prudhomme, directeur du Tour de France [par Jean-Paul Pelras]




Monsieur, 

juillet 2017, quelque part sur l’Aubrac dans la montée de Vieurals entre Saint Geniez d’Olt et Nasbinals. Inoubliable journée, à l’ombre des frênes, en famille et entre amis. Adam et Mathieu qui voyaient passer le Tour pour la première fois, le pique-nique, les chaises pliantes, la glacière, le rosé frais, Jean-Marc à la guitare, Cathy, Marie-Cé, Alain, Jo…

De l’autre côté de cette toute petite route où l’on a du mal à imaginer le passage de la plus célèbre des courses cyclistes, les habitants des villages alentour se retrouvent pour boire l’apéro et célébrer le savoir-vivre local. Dans le pré voisin, des vaches, bien sûr en estive, regardent passer la caravane sans même s’émouvoir. Et partout, cette ferveur à la fois populaire et champêtre, intemporelle parenthèse conviviale empruntée aux longues journées de labeur. L’odeur des foins coupés, les gadgets que les enfants s’empressent de “cueillir” le long des clôtures, les klaxons des véhicules publicitaires, la ronde de l’hélicoptère, les acclamations quand passe enfin cette gerbe bigarrée dans un froissement de pignons et de pédaliers. Là où certains, du haut de cette côte où ils attendent depuis une demi-journée, croient reconnaître Bardet, Pinot, Calmejane, Barguil… Comme leurs ainés, ailleurs et autrefois, ont cru reconnaître Poulidor, Merckx, Hinault, Indurain, Anquetil, Bobet…

Voilà “Le Tour”, égrenant un à un ses forçats de légende. Le Tour dont nous nous souvenons en fouillant dans le tiroir de l’arrière cuisine, en tenant pendant quelques instants dans nos mains ces objets dérisoires, ballons, casquettes, porte-clés, gourdes jetées par les coureurs (le Graal…), autocollants, journaux… Insignifiantes babioles qui ont fait notre enfance, nos étés, nos vacances. Les pantalons courts, le bronzage agricole, la cousine un peu effrontée, les recommandations de notre mère, la complicité de cet oncle qui nous portait sur ses épaules, tous ces gens heureux et volubiles qui criaient au bord des départementales. Moments d’anthologie restés gravés dans nos mémoires avec des noms et des palmarès heureusement plus extraordinaires que “stupéfiants”.

Et puis il y eut, en 2020, le maire écologiste de Lyon qui trouvait Le Tour “machiste et polluant”.

mercredi 12 août 2020

Cyclisme : Bernard Hinault tacle les élus écologistes de Rennes


 
C’est à la conférence de presse, lundi 10 août, qui officialisait Brest comme le départ du 2021 puisque des élus de avaient dit niet, que le célébrissime cycliste s’est saisi de l’occasion pour dire tout le bien qu’il pense des écolos et de la coprésidente du groupe des écologistes de la ville, en particulier, qui avait osé ringardiser le mythique Tour. 

Pour qui se prend-elle ?

Après avoir justifié leur refus d’accueillir le départ du Tour en raison de son coût, de « retombées économiques jamais prouvées », de « millions d’objets lancés aux spectateurs par les caravanes » (beurk, le Tour), Valérie Faucheux avait finalement lâché le véritable fond de sa pensée en qualifiant la course de « format sportif daté ».
Daté, le Tour de France cher à la moitié des Français ?
Parmi lesquels 60 % d’hommes et 40 % de femmes, quand même !
En fait, trop populo, le Tour, avec tous ces beaufs avec « maman » et les gosses sur les bas-côtés des routes, à encourager en hurlant des mecs bourrés de testostérone, suant et transpirant.
Car, comme l’écrivait l’excellent Jany Leroy, « entre populaire et populiste, il n’y a qu’un pas »… n’est-ce-pas !
Daté aussi, Bernard Hinault, pendant qu’elle y est, la Faucheux ?
En tout cas, il n’en fallait pas davantage à ce caractère au « moral de tueur » pour partir au quart de tour.