
Le vendredi 1er janvier 1960, il y a tout juste soixante ans, les employés de la Radiodiffusion-télévision française (RTF) étaient en grève, le Cameroun accédait à l’indépendance et le nouveau franc était mis en circulation sur fond d’une rumeur tenace : celle de la démission du ministre des Finances et des Affaires économiques, Antoine Pinay (1891-1994).
Ce dernier n’approuve pas la politique algérienne du chef de l’État, le général de Gaulle, et il lui arrive de ne pas participer au Conseil des ministres.
Il remettra, d’ailleurs, sa démission quelques jours plus tard (le 13 janvier) et cessera alors toute activité politique nationale.
C’est pourtant grâce à lui et à l’économiste Jacques Rueff (1896-1978) que de Gaulle confie, en 1958, la mission de créer un nouveau franc.
Car l’ancien franc est miné depuis la Libération par les dévaluations successives : celle du 26 décembre 1945 est de 60 % par rapport à son cours de 1940 ; celle de janvier 1948 se monte à 80 % ; celle de 1949 à 22,27 %.
Le dollar, qui valait 43,80 francs en septembre 1944, est passé à 350 francs cinq ans plus tard.
En août 1957, le président du Conseil, Félix Gaillard (1919-1970), procède à une dévaluation déguisée de 20 % qui sera légalisée par de Gaulle en juin 1958.
L’ancien franc est aussi affaibli par les conflits indochinois et algérien.
Le général de Gaulle explique aux Français qu’il entend rendre « au vieux franc français une substance conforme au respect qui lui est dû ».
De fait, à l’époque, dans les mois qui suivent son introduction, le franc est quasiment à parité avec le mark et le franc suisse.