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mardi 6 mai 2025

« Faut-il nationaliser Arcelormittal ? La dernière question économique stupide à la mode chez les politiques ! ». L’édito de Charles SANNAT

 

 

 par | 6 Mai 2025 |

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Oui.

Cette question est stupide.

Non pas qu’une nationalisation soit à proscrire.

Le Général de Gaulle qui n’était pas franchement communiste dans l’âme a procédé à quelques nationalisations.

Tout dépend pourquoi. Tout dépend comment. Tout dépend dans quel but, avec quelle stratégie.

La nationalisation, comme la privatisation, n’est qu’un outil à la disposition de l’Etat.

Ma conviction personnelle est qu’il est important d’avoir un Etat fort sur ses tâches régaliennes à commencer par la sécurité.

La sécurité doit être comprise dans un sens extensif.

La sécurité économique, et notre souveraineté sont essentiels. En ce sens la nationalisation peut être utile.

Mais pour en faire quoi ?

Les mêmes qui hurlent pour demander la nationalisation d’ArcelorMittal vomissent sur la politique protectionniste de Trump.

C’est stupide et incohérent.

Nationaliser pour laisser cette entreprise dans le même environnement où elle n’est plus compétitive n’a aucun sens économique.

mercredi 8 mai 2024

ArcelorMittal : un délinquant environnemental au service des JO 2024


 Le 08/05/2024

disclose.ngo

 

Pollutions illégales, pillage de l’eau potable, déforestation… en France et à l’étranger, la méthode du géant de l’acier ArcelorMittal, partenaire des Jeux olympiques de Paris, s’apparente à celle d’un délinquant environnemental multirécidiviste, révèlent des documents obtenus par Disclose et un récent rapport d’une coalition d’ONG.

Tout un symbole. Il y a un an, ArcelorMittal a été désigné comme partenaire officiel des Jeux olympiques de Paris. 

Le leader mondial de l’acier s’est vu octroyer le privilège de construire la torche de la flamme olympique, qui doit arriver à Marseille ce 8 mai, avant de traverser le pays pour finir sa course à Paris le 26 juillet, date de la cérémonie d’ouverture.

Une opération de communication inespérée pour l’industriel le plus polluant de France, et pour son directeur général, Aditya Mittal, qui s’était aussitôt vanté de cette nomination, marquant, selon lui, une nouvelle étape vers « des aciers meilleurs pour la planète et ses habitants ». Quelques jours plus tôt, Disclose et Marsactu révélaient pourtant que l’industriel s’est rendu coupable en 2022 d’importantes pollutions illégales dans ses usines de Dunkerque et de Fos-sur-Mer. Notre enquête démontrait également qu’ArcelorMittal faisait partie des principaux champions des émissions de CO2 en Europe.

Depuis, la situation ne semble pas s’être arrangée. 

En 2023, son usine dunkerquoise était toujours hors la loi. En cause : des rejets de « poussières en excès » et le fonctionnement « non conforme » d’un lieu stratégique : l’unité d’agglomération, là où sont préparés les minerais qui seront ensuite transformés en fonte. Selon un compte rendu de l’inspection de l’environnement que Disclose s’est procuré, ArcelorMittal a rejeté 17,4 tonnes de particules fines en trop pendant au moins quatre mois, entre décembre 2022 et avril 2023.  


Pillage d’eau potable à Dunkerque

À Dunkerque, outre les pollutions répétées de l’air, ArcelorMittal pille les ressources en eau potable. D’après l’inspection de l’environnement, l’industriel s’est servi pendant deux ans, en 2021 et 2022, dans le réseau public qui dessert les habitations autour du site, soit quelque 200 000 personnes. Le leader de l’acier, normalement autorisé à puiser un maximum de 850 000 m3 d’eau par an pour ses salariés, son réseau incendie ou le nettoyage des outils de production, a siphonné 228 113 m3 d’eau en plus sur ces deux années. Soit l’équivalent de 91 piscines olympiques remplies illégalement. 

Motif invoqué par ArcelorMittal auprès de l’administration : des « fuites » sur son réseau relié à la mer du Nord et un canal d’eau douce. Mais plutôt que de réparer ses tuyaux percés, qui laisseraient échapper plus de 1,4 million de m3 d’eau chaque année, selon l’inspection de l’environnement, la direction de l’usine a préféré se servir dans le réseau public.