dimanche 27 novembre 2016

Implosion de la gauche socialiste : Valls veut se présenter à la place de Hollande en 2017

Le 27/11/2016
 
 
 

 BREIZATAO  – ETREBROADEL (27/11/2016)
Posted by La Rédaction on 27th novembre 2016
 
 Le Parti Socialiste Français est au bord de la guerre civile.
 
 Manuel Valls, actuel premier ministre, a déclaré dans un entretien au Journal Du Dimanche être « prêt » à se déclarer candidat lors des primaires du PSF, en janvier prochain.
Objectif : écarter une candidature de François Hollande et conjurer, du moins le croit-il, une déroute historique pour la gauche socialiste hexagonale.
Le Journal Du Dimanche (source) :
J’ai des rapports de respect, d’amitié, et de loyauté avec le Président. Mais la loyauté n’exclut pas la franchise. Force est de constater qu’au cours de ces dernières semaines, le contexte a changé. La parution du livre de confidences a créé un profond désarroi à gauche. Comme chef de la majorité, ma responsabilité est donc de tenir compte de ce climat. Face au désarroi, au doute, à la déception, à l’idée que la gauche n’a aucune chance, je veux casser cette mécanique qui nous conduirait à la défaite. Je n’oublie pas que le Président a été élu par les Français en 2012. Mais toute candidature doit intégrer le rapport avec les Français, avec la gauche, avec notre famille politique. Toute décision qui ferait fi de ces trois dimensions apparaîtrait comme bancale ou fragile. Me concernant, j’intègre en permanence ces trois éléments.
Claude Bartolone, actuel président de l’Assemblée Nationale française, soutient Valls dans son offensive (source) :

Lors du « Carrefour des gauches et de l’écologie » à Bondy (Seine-Saint-Denis), une initiative signée Martine Aubry pour tenter de ressusciter la gauche « rouge-rose-verte », il [Claude Bartolone, NDLR] a plaidé pour la participation à la fois de François Hollande et Manuel Valls à la primaire organisée en janvier par le PS. Ce serait un « électrochoc » salutaire, a-t-il ajouté en prenant soin d’évoquer aussi la participation d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon…
 Marianne rapporte que depuis octobre la guerre est ouverte entre le président et son premier ministre. L’hebdomadaire cite un incident entre les deux caciques (source) :
Surprenant son monde, François Hollande lance l’attaque, en piqué. Il vient tout juste de parcourir la dernière livraison du Canard enchaîné. Son Premier ministre, présent à sa table, y a qualifié le livre de Davet et Lhomme de «catastrophe» et de «suicide politique». Pas besoin de sous-titres, le président a compris : le chef du gouvernement souffle sur les braises pour raviver l’incendie ! Insupportable pour le chef de l’Etat qui se démène depuis plusieurs jours pour tenter de faire oublier cet incroyable raté de communication. «Manuel, ton comportement est en tout point inacceptable», tonne-t-il. L’hôte de Matignon tente de se défausser sur ses collaborateurs : «Tu sais, les entourages…» «Ton entourage n’a qu’à arrêter d’organiser un putsch», coupe brutalement le président. La réplique fuse : «Ce n’est quand même pas nous qui avons écrit le livre !» Prenant la mesure de l’ire présidentielle, même le placide Cambadélis rebondit : «Manuel, tu vas attendre 2022, ton tour, ça te fera du bien.»
Jean-Yves Le Drian semble vouloir éviter de prendre part directement à cette guerre, même s’il semble voir une candidature de Manuel Valls d’un bon œil (voir ici).
Une confrontation ouverte entre un premier ministre français et le président en exercice pour obtenir l’investiture du parti majoritaire est inédite dans l’histoire de la cinquième république français. L’implosion complète du PSF est inéluctable.
A cette fragmentation du PSF s’ajoute la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui affiche des scores significatifs dans les sondages :
 
 
La volatilité au sein de la gauche française est désormais très forte.
Cet effondrement se couple à la montée en puissance du Front National qui va, lors des élections législatives suivant l’élection présidentielle, contraindre la gauche socialiste à soutenir l’ex-UMP dirigée par François Fillon se situant pourtant sur une ligne économique austéritaire.
Ce processus devrait encore accroître la division de la gauche hexagonale et accélérer son éclatement.

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