lundi 25 janvier 2016

Saint-Thurin, son église, ses 188 habitants et bientôt 100 migrants

                                                    

Le 25/01/2016
 
D'accord, pas d'accord, les villageois ? « De toute façon, nous n'aurons pas le choix », conclut, fataliste, le maire de Saint-Thurin.
   
Son école n’existe plus depuis longtemps, son seul restaurant a fermé en septembre 2015, son épicerie, d’ici deux ans, aura jeté l’éponge, et pourtant Saint-Thurin, 188 habitants, en région Auvergne-Rhône-Alpes, n’y échappera pas.
En septembre 2016, la trentaine de petits locataires souffrant de troubles du comportement de l’Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique Anglaret quitteront les lieux pour Boën-sur-Lignon, afin de laisser la place à 80, voire 100 migrants.
Un véritable chassé-croisé.
C’est ce que nous apprend le quotidien régional Le Progrès.
Une centaine de migrants, « c’est tout de même plus d’un tiers du village », s’inquiétait le maire de Saint-Thurin, en janvier, qui s’apprêtait dès lors à informer et à demander l’avis des onze élus.
Et alors ?
Alors rien.
Le préfet s’est rendu dans le village pour annoncer aux habitants un fait pour ainsi dire accompli.
 « Je leur ai dit [au préfet et au sous-préfet] qu’ils allaient s’emmerder à 100 sous de l’heure, ici », confiait le maire après leur visite, en décembre 2015.
En effet, car les migrants arriveront donc de Boën-sur Lignon, 3.239 habitants, où ils sont actuellement 150 et, « de l’avis unanime […] parfaitement intégrés ».
D’avis, c’est celui du directeur de l’école publique que Le Progrès a recueilli, qui ne tarit pas d’éloges sur « la très grande réussite » des enfants de migrants scolarisés.
« Issus la plupart du temps de familles d’intellectuels persécutés dans leur pays. Des enfants de journalistes, médecins, architectes… Des milieux privilégiés, certes, mais très menacés. »

Des journalistes, des médecins, des architectes ?

Ne seraient-ils pas justement indispensables à leur pays en guerre, les uns pour couvrir l’information ou pour sauver les vies de leurs compatriotes, les autres pour aider à la reconstruction des habitations démolies ?
 En outre, pour monsieur le directeur d’école, défendre les milieux privilégiés ne manque pas de piquant.
Il est vrai qu’ils viennent de l’étranger, cela change tout, évidemment…

Des « bons, voire très bons élèves » que les autorités ont décidé de déplacer à Saint-Thurin – à 15 kilomètres -, là où il n’y a plus d’école depuis belle lurette ?

À moins que la décision des autorités ne vise majoritairement des hommes adultes ?
Mais qu’y feront-ils, dans ce village où « il n’y a rien ici. Quelle misère pour nous, et pour ceux qui viendront chercher asile, aussi », déplore une habitante.

 Ils étaient ainsi 130 Saint-Thurinois à être allés écouter le préfet de la Loire, Fabien Sudry, ce 22 janvier, venu leur parler de la transformation de l’Institut Robert-Anglaret – bientôt racheté par la municipalité de Boën – en énième centre d’accueil pour demandeurs d’asile (au 31 décembre 2014, on en dénombrait, sur le territoire, déjà 265).

D’accord, pas d’accord, les villageois ?

 « De toute façon, nous n’aurons pas le choix », conclut, fataliste, le maire de Saint-Thurin.

Elles sont belles, les valeurs républicaines, qu’on nous serine à longueur de temps !

Et la démocratie, b..el ?

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